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Nouveau poète
MADAME NOSTALGIE
Je regrette ce temps,
Le temps de l’insouciance,
De mes quinze ans trop vite passés.
Le regard curieux et avide,
Je voulais tout découvrir, tout construire..
Dans ma chambre polyester,
La tête dans les étoiles,
Les pensées de travers,
Allongée sur mon lit à deux places,
Que je partageais avec ma sœur,
Je m’interrogeais sur moi-même.
Je rêvais de lendemains,
Qui chantent, bercés,
Par les voix de mes amants,
Tels que Ferrat, Brassens, Régiani,
Sans oublier Moustaki,
Qui m’ont fait tous voyager,
Chacun à leur manière…
J’en ai pris des trains, des avions,
Destination souvent inconnues,
Au travers de leurs chansons.
J’en ai pleuré des larmes d’émotion,
En naviguant sur leurs mélodies.
Dans ma chambre bleue, à petites fleurs,
Pour consoler mon désarroi,
Je m’abreuvais avec gourmandise,
De déclarations d’amour enflammées,
De ces grands hommes immortels,
Comme Rimbaud, Baudelaire, Verlaine,
Qui de façon platoniqur,
Savaient m’aimer, sans me décevoir,
Puisque personne ne comprenait,
Ce qu’il y avait, au plus profond de moi.
Ils parlaient de grands sentiments,
D’aventures à n’en plus finir.
J’aurai dû confier tous mes secrets,
A ma meilleure amie, Marie,
Ma confidente, qui elle seule,
Savait me consoler et me rassurer.
Il n’y a pas que les grands qui rêvent,
Le nez suspendu à mes libres,
Je faisais tant de projets,
Restés en suspens.
Je faisais des voyages solitaires,
En bateau ou en train,
Qui m’embarqueraient pour des allers,
Sans illusion de retours,
Effaçant d’un coup d’éponge,
Comme au tableau noir de l’école,
Certains instants de ma vie,
Que je n’avais pas choisis,
Puisque j’aurai tellement voulu,