MA VERTE CAMPAGNE
hors concours
Au hasard d’une liberté fragile et sommaire
Où les arbres dressent fièrement leur couronne
Tel un foulard dédié à quelque thuriféraire,
En cette révérence d’azur où l’amour s’éveille et fleuronne
Mes yeux se sont posés sur la margelle d’un pont
Où des oiseaux enchanteurs en cantilènes de soyance
Prenaient refuge en de douces euphonies d’Orphéon.
En amont d’une rivière cristalline aux nuances d’éloquence
Le vent parfumé d’essences de fleurs et du foin des dernières fenaisons
Ensemençait plaines et vallons de caresses et de tendres baisers.
Dans le lointain aux abords d’une antique grange
Un cheval blanc galopait de jeunesse effrénée,
L’angélus tintinnabulait drapant les pairies de louanges
Le manteau de la nuit allait peu à peu se déployer…
Faut-il que l’homme soit plus sot qu’un âne
Pour avoir fuit et déserté les vertes campagnes ?
Les équidés en ont certes plus en leur crâne :
Villes et cités ne seraient pour eux que bougres bagnes !