rivière
Maître Poète
Ma robe volette à chacun de mes pas de grâce
Des linceuls de brume planent au-dessus des bocages,
sous la cathédrale des nuages,
déferlent les cieux de l’automne.
sous la cathédrale des nuages,
déferlent les cieux de l’automne.
Ô ma Vénérée, ma Maîtresse, qu’es-tu devenue,
toi qui es partie pour la Capitale
sans prévenir en mai dernier, en me laissant prostrée de douleur ?
toi qui es partie pour la Capitale
sans prévenir en mai dernier, en me laissant prostrée de douleur ?
Je rôde ce matin sur les bords de l’Anille,
ma robe courte de lin volette à chacun de mes pas de grâce,
je rêve de tes paumes de volupté
ma robe courte de lin volette à chacun de mes pas de grâce,
je rêve de tes paumes de volupté
qui glissent lentement sur l’archipel de mes aisselles,
et de ma fourrure,
reviens saluer la clarté de mon Désir.
et de ma fourrure,
reviens saluer la clarté de mon Désir.
Je pleure et je me morfonds, puis n’en pouvant plus,
je reviens en notre maison, dans notre chambre, je respire tes bas de soie,
et je bénis la lumière de tes escarpins abandonnés dans notre armoire,
je reviens en notre maison, dans notre chambre, je respire tes bas de soie,
et je bénis la lumière de tes escarpins abandonnés dans notre armoire,
ensuite, j’effeuille sur notre couche chacun de mes vêtements
que je jette sur le sol, je garde mes bas de soie
brasillant sous les lueurs de nos candélabres,
que je jette sur le sol, je garde mes bas de soie
brasillant sous les lueurs de nos candélabres,
puis je m’étire, comme une chatte,
ma langue et mes paumes câlinent
les donjons de mes seins haut plantés, arrogants, qui durcissent
ma langue et mes paumes câlinent
les donjons de mes seins haut plantés, arrogants, qui durcissent
à chacun de mes mouvements, ô mon Impératrice de liesse,
donne-moi les clefs du Plaisir,
disciple de Sapho, mes doigts titillent le jardin de mon clitoris,
donne-moi les clefs du Plaisir,
disciple de Sapho, mes doigts titillent le jardin de mon clitoris,
tandis que les doigts de ma senestre redécouvrent
la péninsule de ma rivière d'amour, et plongent sans cesse
jusqu’à la grotte de ma matrice,
la péninsule de ma rivière d'amour, et plongent sans cesse
jusqu’à la grotte de ma matrice,
soudain le lait de ma Chair de grâce sourd,
et je le bois en ton honneur,
puis je recommence mes gestes si doux.
Reviens, ma Douce, je t’en supplie,
car il n’y a rien de plus beau au monde
que la magnificence du sexe lesbien !
et je le bois en ton honneur,
puis je recommence mes gestes si doux.
Reviens, ma Douce, je t’en supplie,
car il n’y a rien de plus beau au monde
que la magnificence du sexe lesbien !
Sophie Rivière