modepoete
Maître Poète
Assis et recueilli sur ce banc public, attentif Aux derniers passants, ces noctambules J’attends très patient, l’éclat de ma vie Déjà l’horizon enflammé au vestibule Couvre sur le jour son manteau furtif Ma solitude accompagne, douce et tendre Ce nouveau silence parfumé du jour effacé Les frêles squelettes bétonnés s’activent Dans les dernières raies de soleil cassé Et la laiteuse noirceur me prend au ventre Tu t’élèves de ce fond d’un invisible gouffre Je m’émerveille de tes premiers faisceaux Ils jaillissent lumineux sur la grande plaine Et ta chaleur traque ma quiète âme au lasso Il est alors, mes yeux fripons enfin ne souffrent Ta présence nocturne, toi ma maîtresse la lune Gage ma béatitude en cette précieuse nuit Quand tu te dévoiles, claire figure mystérieuse Et que le mascara de tes formes flatteuses me fuit Sous les toiles abandonnées des jeunes brumes Voilà le temps cyclique de ta parfaite rondeur Tu jaillis conquérante au visage de ma terre Bouleverse les maladifs esprits maléfiques Ravage les rivages de ces hautes marées fières Mais tu m’offres clémente un bonheur ravageur Tu me portes rêveur sur ton voyage stellaire Qui m’amène au là bas de frontières insensées Où une chimère lucide, toujours renouvelée Me décrit affective, un stupéfiant sourire exalté D’une vie merveilleuse, au sage paradis lunaire Quand à l’heure tu descends de ton haut piédestal Je te suis, mais soudain bifurquent nos deux pistes J’ouvre mes yeux malins pour espérer déjà le demain Pour me trouver adopté au tombé de ton assidu orbite Et profiter noble au faste de ton explosif couché sidéral ☼ƑƇ