prose16
Maître Poète
Quand nous étions enfants
Tu ne partageais pas mes jeux,
Tu avais toujours l’air sérieux,
Tu ne riais pas souvent.
Tu ne voulais pas me prêter tes livres,
Alors je les lisais en cachette,
Je sais c’est un peu bête,
Mais pas facile à vivre.
J’aurais aimé te confier mes secrets,
Mais tu n’aimais pas parler
Alors je me tournais vers une copine plus âgée
Qui était loin de faire l’unanimité.
La page de l’enfance tournée,
Nos relations se sont réchauffées,
Nous avions changé et mûri,
Chacune de nous a construit sa vie,
Avec ses aléas, ses tourments et ses bonheurs.
Tu étais alors heureuse Grande Sœur,
Avec tes trois hommes dans ton cœur.
Les deux petits ont quitté le nid
Pour aller travailler à Paris,
Laissant brutalement un grand vide
Dans ta vie devenue peut-être insipide.
Mais l’amour de ton mari n’a jamais failli,
Crois-moi ça n’a pas de prix.
Je ne te reconnais plus aujourd’hui,
Le regard souvent absent,
A la fois présente et ailleurs,
Comme rongée par un mal intérieur.
Quel est ce mal-être qui te mine,
Et te fait courber l’échine ?
J’aimerais tant comprendre,
Et je donnerais beaucoup pour rendre
Ton visage plus gai et souriant
Et retrouver ma grande sœur d’avant.
Je suis là si tu veux me parler,
Je saurai t’écouter, te consoler.
Laisse couler tes larmes,
Apprends à baisser les armes,
Je t’aime ma grande sœur aînée.
Ecrit le 18 juillet 2013.