rivière
Maître Poète
L’oasis de nos amours si pures
A l’automne quand survient la nuit,
en la province du Maine,
je me remémore
le lycée où je t’ai connue,
toi, ma Douce
à la robe de serge,
dont la chevelure d’ardoise
ruisselait contre ton dos,
ton visage envoûtait
les strophes de ma tendresse,
nous avions toutes deux seize ans,
et un teint de miel.
La cloche d’un monastère
tintait parfois
non loin de nous,
dans
l’oasis de nos amours si pures.
Je t’écrivais
à chaque seconde
des sonnets
que tu écoutais, joyeuse,
parmi la clarté des arbres,
et les blasons des oiseaux.
Dès que nous le pouvions,
nous nous échappions
sous les voûtes d’un chêne,
à l’abri des cheveux-de-Vénus,
puis,
nos mains s’enlaçaient,
nos mamelons durcissaient de plaisir,
je vendangeais le fruit de tes lèvres,
me réfugiais
en l’île de ton pertuis
où mes paumes confessaient
les orgues de ta jouissance,
tes ovations déchiraient
la cassolette du silence,
tes bas de soie scintillaient
sous le ressac du soleil.
Les jours s’écoulaient
ainsi
dedans notre palais de Douceur.
Tu disparus un matin,
rappelée
par tes parents,
je ne possède plus de toi,
ma Vénérée,
que le souvenir de nos larmes,
et
le
lys de tes seins
contre les miens !
Sophie Rivière
A l’automne quand survient la nuit,
en la province du Maine,
je me remémore
le lycée où je t’ai connue,
toi, ma Douce
à la robe de serge,
dont la chevelure d’ardoise
ruisselait contre ton dos,
ton visage envoûtait
les strophes de ma tendresse,
nous avions toutes deux seize ans,
et un teint de miel.
La cloche d’un monastère
tintait parfois
non loin de nous,
dans
l’oasis de nos amours si pures.
Je t’écrivais
à chaque seconde
des sonnets
que tu écoutais, joyeuse,
parmi la clarté des arbres,
et les blasons des oiseaux.
Dès que nous le pouvions,
nous nous échappions
sous les voûtes d’un chêne,
à l’abri des cheveux-de-Vénus,
puis,
nos mains s’enlaçaient,
nos mamelons durcissaient de plaisir,
je vendangeais le fruit de tes lèvres,
me réfugiais
en l’île de ton pertuis
où mes paumes confessaient
les orgues de ta jouissance,
tes ovations déchiraient
la cassolette du silence,
tes bas de soie scintillaient
sous le ressac du soleil.
Les jours s’écoulaient
ainsi
dedans notre palais de Douceur.
Tu disparus un matin,
rappelée
par tes parents,
je ne possède plus de toi,
ma Vénérée,
que le souvenir de nos larmes,
et
le
lys de tes seins
contre les miens !
Sophie Rivière