Filiatus
Maître Poète
J’suis jamais sorti d’mon village
J’ai jamais quitté ma maison
J’ai jamais vu une montagne
Ailleurs qu’à la télévision
Comme qui dirait madame Dupont
« L’est pas en avance pour son âge »
J’suis jamais sorti d’ma famille
J’ai jamais quitté ma maman
J’ai jamais vu les seins d’une fille
Ailleurs que sur un grand écran
Comme qui dirait madame Durand
« L’en est encore à l’âge des billes »
Mes frères et sœurs sont à la ville
Ils travaillent tous à la mairie
Même que l’aînée Marie-Cécile
Va se faire muter à Paris
Comme qui dirait monsieur Dupuis
« C’est presque une famille idéale »
J’suis jamais sorti d’ma cambrousse
J’aurai trop peur d’être étranger
Et quand j’ai peur je suce mon pouce
En me caressant l’bout du nez
Comme qui dirait monsieur l’curé
« Y’a des soirs où y m’fich’ la frousse »
J’suis jamais sorti d’mon enfance
J’ai jamais quitté mes quinze ans
Paraît qu’le jour de ma naissance
Je suis venu les pieds devants
Comme qui disaient les types en blanc
« Offrez donc son corps à la science »
Mes frères et sœurs entre deux flics
Un jour on voulu m’faire entrer
Dans un asile psychiatrique
En me traitant de pistonné
Comme qui disait le brigadier
« Là-bas t’apprendras la musique »
J’suis jamais sorti d’mon village
J’ai jamais quitté ma maison
Les chiens et les canards sauvages
Sont mes uniques compagnons
Comme qui dirait madame Dumont
« On croirait qu’il parle leur langage »
On n’est pas fait pour vivre en cage
M’ont dit les animaux des bois
Rejoins-nous dans les marécages
Là où les hommes ne viendront pas
Comme qui chantait cette autre voix
« Viens avec nous dans les nuages »
Ils m’ont paru tell’ment sincères
Que sans un mot d’un pas tranquille
Alors j’ai quitté mon village
Dont j'étais l'idiot, paraît-il...
J’ai jamais quitté ma maison
J’ai jamais vu une montagne
Ailleurs qu’à la télévision
Comme qui dirait madame Dupont
« L’est pas en avance pour son âge »
J’suis jamais sorti d’ma famille
J’ai jamais quitté ma maman
J’ai jamais vu les seins d’une fille
Ailleurs que sur un grand écran
Comme qui dirait madame Durand
« L’en est encore à l’âge des billes »
Mes frères et sœurs sont à la ville
Ils travaillent tous à la mairie
Même que l’aînée Marie-Cécile
Va se faire muter à Paris
Comme qui dirait monsieur Dupuis
« C’est presque une famille idéale »
J’suis jamais sorti d’ma cambrousse
J’aurai trop peur d’être étranger
Et quand j’ai peur je suce mon pouce
En me caressant l’bout du nez
Comme qui dirait monsieur l’curé
« Y’a des soirs où y m’fich’ la frousse »
J’suis jamais sorti d’mon enfance
J’ai jamais quitté mes quinze ans
Paraît qu’le jour de ma naissance
Je suis venu les pieds devants
Comme qui disaient les types en blanc
« Offrez donc son corps à la science »
Mes frères et sœurs entre deux flics
Un jour on voulu m’faire entrer
Dans un asile psychiatrique
En me traitant de pistonné
Comme qui disait le brigadier
« Là-bas t’apprendras la musique »
J’suis jamais sorti d’mon village
J’ai jamais quitté ma maison
Les chiens et les canards sauvages
Sont mes uniques compagnons
Comme qui dirait madame Dumont
« On croirait qu’il parle leur langage »
On n’est pas fait pour vivre en cage
M’ont dit les animaux des bois
Rejoins-nous dans les marécages
Là où les hommes ne viendront pas
Comme qui chantait cette autre voix
« Viens avec nous dans les nuages »
Ils m’ont paru tell’ment sincères
Que sans un mot d’un pas tranquille
Alors j’ai quitté mon village
Dont j'étais l'idiot, paraît-il...