• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

L'hostie de ma matrice

rivière

Maître Poète
L’hostie de ma matrice

Tu m’as laissée
seule et nue, cette nuit,
dans notre borde, ma Douce,

pour
rendre visite
à une parente malade.

Dehors,
le vent d’hiver gémit
en de longues plaintes,

et le Loir craque
sous le poids de la glace
dans l’archipel des bocages.

Reviens vite, mon amour, mon âme,
afin que les entours connaissent
à nouveau la fougue de nos jouissements

dans les bruyères
quand
éclot la belle saison,

les mamelons de mes seins
durcissent
à ton évocation,

rappelle-toi le cantique de ta chair
contre
la messe de nos soupirs.

Ô mon amante,
je ne possède plus de toi que
quelques toilettes et le musc de ton parfum,

révèle-moi
l’encensoir de sérénité,
l’éternité du silence,

la
soie de ton prénom
dans la langueur des heures,

apaise
les feux de ma croupe,
et de mon front qui me harcèlent,

tout m’insupporte,
je ne sais plus que faire du drap
sur lequel je veille, nue, le corps imbibé de sueur.

Malgré
tous ces artifices,
rien n’arrête la montée de mon désir,

ma main droite glisse
sur mes cuisses, mon ventre,
piaffe d’impatience,

et
s’achemine
jusqu’à l’hostie de ma matrice,

où elle monte et descend
sans répit, bientôt je ne suis plus que
braises, gémissements, cris, soupirs,

mille soleils d’extase me crucifient,
et je suis transportée
par la houle de mon rut.

Je gis maintenant à jamais rassasiée
sur
le dais des splendeurs,

mais mes amies,
ne dévoilez pas
mon écrin de liesse à ma Douce,

je veux garder
les détails de cette nuit mémorable
pour moi seule…

Sophie Rivière
 
Retour
Haut