Voici venu l'hiver dans sa robe de frimas,
Insidieux et mordant, il avance pas à pas.
Ami, l'as-tu vu, toi qui viens du grand Nord ?
Peut-être est-ce toi qui l'a pris à ton bord ?
Enroulé dans ses hardes, je l'ai vu ce matin,
Frissonnant sur un banc au pied du grand sapin.
Je l'ai bien vu tanguer sous les hoquets du vent,
Comme un navire sans voile au gré de l'océan.
La treille torturée par le poids des nuages,
Enserrée de verglas comme en un sarcophage,
S'ébroue furieusement bravant les éléments,
Déroulant son squelette noueux et inquiétant.
Sur son grand mât rouillé, la girouette affolée,
Chavire de douleur, toute frigorifiée.
Les halliers indécents se sont déshabillés,
En poussant hors du nid, les oiseaux indignés.
On ne peut plus s'asseoir, tous les bancs sont gelés.
Dans mon fauteuil douillet, faisant fi du gros temps,
Auprès de l'âtre chaud, aux tisons rougeoyants,
Comme une amante lascive, aux désirs assouvis,
En rêvant du printemps, je me suis assoupie.
,
Insidieux et mordant, il avance pas à pas.
Ami, l'as-tu vu, toi qui viens du grand Nord ?
Peut-être est-ce toi qui l'a pris à ton bord ?
Enroulé dans ses hardes, je l'ai vu ce matin,
Frissonnant sur un banc au pied du grand sapin.
Je l'ai bien vu tanguer sous les hoquets du vent,
Comme un navire sans voile au gré de l'océan.
La treille torturée par le poids des nuages,
Enserrée de verglas comme en un sarcophage,
S'ébroue furieusement bravant les éléments,
Déroulant son squelette noueux et inquiétant.
Sur son grand mât rouillé, la girouette affolée,
Chavire de douleur, toute frigorifiée.
Les halliers indécents se sont déshabillés,
En poussant hors du nid, les oiseaux indignés.
On ne peut plus s'asseoir, tous les bancs sont gelés.
Dans mon fauteuil douillet, faisant fi du gros temps,
Auprès de l'âtre chaud, aux tisons rougeoyants,
Comme une amante lascive, aux désirs assouvis,
En rêvant du printemps, je me suis assoupie.
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