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Lettre au vide.

totora

Nouveau poète

Bonsoir,

Je ne te connais pas, je ne t’entends pas, ne te parles pas, et ne t’aimes probablement pas, mais ce soir j’ai besoin de réconfort, celui que les êtres humains ne peuvent donner, et qui mieux pour combattre le vide, que le vide lui-même ? Alors bonjour, bonsoir, tout dépend de l’heure où tu prendras conscience de ma lettre.

Il me faut te conter certaines choses pour commencer. Peut être… Qui je suis ? Enfin plutôt ce que je suis. Une image voilà tout, une figuration bien trop… instable. Instable, c’est bien le mot, disons que ma barricade de fortune tient toujours, mais… instable quoi. Je ne sais encore combien de temps… C’est un peu compliqué d’expliquer comment j’en suis arrivé là, c’est le fruit de… tant de choses et pourtant si peu.

C’était il y a trois ans, ou quatre, enfin... je ne sais plus, je n’arriverais pas à te donner autre chose que le 16 Janvier, après… Après fais en ce que tu veux. Donc ce 16 Janvier, tout allait bien, les sourires, les rires, tout quoi. Et puis, et puis… Et puis est passé la tempête, Moi je l’appelle la tempête Arya, puisqu’après tout il faut bien leur donner un nom non ? Ça les rends moins dangereux… C’est un si beau non hein ? Ouais il est beau… Vois-tu, les dégâts étaient conséquents. Elle à commencée doucement en ravageant le jardin, - rien de mieux que d’émietter tout le paraître pour débuter une si vaste entreprise. – bousculant les jeux, les jouets de quand j’étais enfant, l’innocence même je crois, éparpillant les milliers de feuilles, elles qui étaient en tas, si bien construits, des années de travails… Des années à ranger consciencieusement toutes ces petites portions d’essences, petites pensées physiques, petites… petites… grande perte. Mais si ce n’était que ça !

Ensuite les murs se sont fissurés, je n’avais jamais rien vu de tel, le déchainement de la nature à fissuré mes murs, mes beaux murs blancs, j’avais passé tant d’heure à les contempler, tant d’heure à observé ces taches de blancs immaculés, qui semblait sortir du sol même, des heures à ne rien penser… Des heures à nouveaux envolées, à nouveaux disparues. Puis mon corps à été balayé, mon corps à été balancé d’avant en arrière, de haut en bas, fracassant toutes les vases, les miroirs, tous les livres, toutes ces choses là… qui m’appartenait !... Je me suis comme senti violé par ma propre conscience. Violé c’est bien le mot, comme cette tornade, elle avait violé mon cerveau, mon corps, plusieurs mois après, la violence calmée, je l’ai senti mourir, je l’ai senti se vider de son énergie, et claquer dans mes entrailles, je l’ai senti s’insinuer dans mes poumons pour arrêter sa course, lentement… lentement. J’ai senti son souffle froid oublier mes lèvres déjà bien trop asséchée...

Quoi ? Tu ne me crois pas ?! Alors soit, ne me crois pas, je n’ai pas à me justifier plus que cela, moi je nez fais que te conter ce que je n’ai jamais réussi à vraiment expier, d’ailleurs d’après Vérol, « écrire c’est s’expurger jusqu'à la mort. » Alors je le fais, je l’écoute, et je suis, tu ne te rends pas compte l’importance pour moi de remuer toutes ces choses ? De remonter dans mes souvenirs, de retourner sur place et de contempler toutes ces brisures encore visibles… Et tu sais quoi ?! Voilà des années que je ne dors plus vraiment. Me réveillant en pleine nuit, les poumons vides d’air, les yeux larmoyant, la gorge sèche et le corps si trempé de sueur… Apeuré dans cette chambre vide, froide, presque inconfortable la nuit. Voilà des années que je me lève chaque matin encore secouer par les secousses morales de la nuit. Pleins de ces pensées sombres que les ados ont de nos jours quand ils n’ont plus le courage d’avancer, quand ils ne sont pas capables de trouver ces solutions, ces pensées capiteuses ! Quoi de plus beau que la mort ? Mais je n’ai jamais cru à toutes ces choses, elles n’ont pas de sens à mes yeux, je sais juste que ça tourne... que ça tourne en moi.

Tu sais le jardin, ce jardin… j’ai passé des années à le reconstruire. Depuis son départ, il ne s’est pas passé une journée sans que je ne renforce mon paraître, pas une journée sans que je reconstruise tout de mes petites mains, cependant… cependant tant de dégâts sont irréversibles et même grandissant ! Les jeux, les jouets tous ne sont plus que débris froid, métalliques, masse informe d’élément que l’on cataloguerait comme « souvenir. » Les rêveries elles aussi sont mortes, je ne sais pas si tu te rends comptes de ce que c’est de perdre ses rêves, de les oublier, d’être conscient qu’il y en avait déjà avant ! Mais que si peu se rappellent encore à ta mémoire. Et puis le pire, celui qui grandit chaque jours… Ce sont les gens, je ne peux plus. Trop de bruit, d’effusions de joies, de faux sourires, de regards compliqués, trop de paroles, trop de monde !... Est-ce qu’ « Arya » est responsable de ça ? Peut être, en tout cas je le crois, je crois qu’elle est ce qui à enclenché tout ça.

Ensuite. T’es t’il déjà arrivé de désirer le soleil ? Cet astre si beau, si grand, si important, si… si haut. A la manière d’un Icare s’envoler, s’approcher ! Dis, dis… ces putains d’ailes, sont elles toujours obligées de brûler, de fonde ? Simple bouillie disparate tout autour de mon corps déjà calciné. Et… Et à tu déjà recommencé ? Des centaines, des milliers de fois encore, encore ? Je crois que c’est « Arya » qui m’a donné ce courage, celui d’assumer mes émotions. J’ai compris qu’il arrive un jour ou tout devient trop tardif, ou tout n’est plus que rien… qu’un vide de laissé, comme l’empreinte de son spectre dans mes entrailles. Je crois que j’avais raison de le faire, je le crois ouais.

Je voulais que tu sache tout ça, par ce que je m’en irais bientôt. Moralement, hein ! Pas physiquement, disons que je vais clôturer mes pensées, que je ne laisserais plus rien paraître, plus d’émotions, plus de sensations, plus de peur, plus de haine, plus d’amour. Plus rien. Je ne serais plus que corps, que corps inconscient, impulsif, la rotation, métro - boulot – dodo, sans rien d’extérieur qui viendrait enrayer la course de mon corps à demi-inerte. Plus de sourires, plus de rires, juste le concret. Plus de peur non plus… plus celle du soleil, plus celle du poids des années, plus de peur du retour de la tempête… plus de peur de la vie.



Je resterais alors, emmuré dans mon silence mental.

Bien à toi.



- Le silence.

 
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