Lettre à Un Ange
Mes fines mains, talées par le temps, s’accroche rêveusement au bord de la fenêtre,
Pendant que dans ma tête fleurit une douce lettre
Rêvée avec l’encre des songes, l’eau de pyrèthre,
À destination d’un bien unique et pittoresque être.
Ma tête dans la fraicheur, mes yeux s’évertuent dans leur quête de bonheur.
Je dévisage le ciel, j’y décèle ses grains de beauté, toutes ces étoiles ;
Entre le monde des songes et mon esprit rêveur, il n’y a plus de voile,
Mais plutôt des toiles tissées par mon cœur.
À la vue de ces astres blancs, ma lettre s’étoffe,
Mon cœur espère et éclot comme un pourpre girofle ;
Et, tandis que mon esprit rêvasse, mes deux billes brunes peignent mes songes en blanc dans l’obscur ciel
Parmi les autres étoiles de ceux qui ont rêvé avant moi ; vraiment, le singulier pays des rêves est pluriel.
Cette lettre, ce sont mes derniers espoirs,
J’écris à un ange,
Car ce soir,
« Les cieux sont étranges, ils virent à l’orange.
Divin ange, cette lueur orangée, est-elle un signe ?
Est-ce mon étrangeté qu’elle désigne ?
Mon ange, depuis voilà bien trop de temps je ne suis plus le même,
J’oublie mon passé, j’abandonne mes rêves ; et de ces erreurs, en demeure un visage blême.
Je tremble, je ne veux pas ; je veux rester celui que j’étais, celui que l’on aimait,
Et pas celui là qui est égoïste et dont le cœur enflammait
L’âme, jusqu’à la consumer radicalement,
Et peut être éternellement ?
Toi l’ange, tu dois savoir la raison pour laquelle je ne suis plus moi.
D’ailleurs j’écris, je rêve des mots, je tisse des toiles, juste pour toi.
Alors voilà, cette zolie voix, celle qui m’a enchanté et aimé,
M’envoûte encore mais ne m’aime plus ; mon esprit s’en oublie, et mon cœur, quant à lui, en est inanimé, et réclame cet amour à lequel il était accoutumé.
Car oui mon ange ; c’est avec ou sans Elle,
Je dois l’accepter, je dois m’y faire ; mais pourquoi devons nous toujours vivre avec ou sans ?
Vivre en compagnie de ceux que l’on aime n’est pas savoir qu’on peut les perdre à tout instant ? En rêvassant,
Longuement, j’ai compris que je ne pourrais exister exactement comme j’étais avant de la connaitre, j’ai intégré à tout jamais son être ; jamais je n’oublierai ses jolies ailes.
Oui, elle m’est apparue comme un ange, ses ailes m’ont enlacées,
Son regard m’a foudroyé ;
Mais par cette lune rouge de trépas, ces cieux orangés,
Elle s’est envolée car effrayer, et elle m’a oubliée. »
Essoufflé, je ferme la fenêtre,
Asphyxié, je ferme les yeux; et ma lettre,
Je l’expédie à toi qui me lis : mon ange veux-tu bien être ?
S’il te plaît, répond à mes quelques questions, orchestre moi quelques lettres.
ButterFly