rivière
Maître Poète
Les voiles de l’aurore
Les voiles de l’aurore se lèvent lentement,
ô ma Douce,
les fleurs des arbres
se balancent aux quatrains du vent,
ô ma Douce,
les fleurs des arbres
se balancent aux quatrains du vent,
tu dors encore sur l’ivoire de notre couche,
dans notre borde,
je déifie dévotement du regard
la grâce infinie de tes seins pigeonnants
dans notre borde,
je déifie dévotement du regard
la grâce infinie de tes seins pigeonnants
fiers et lourds
qui luisent dans la pénombre,
non loin de nous, gémit un rossignol
adossé contre la cathédrale des bocages,
qui luisent dans la pénombre,
non loin de nous, gémit un rossignol
adossé contre la cathédrale des bocages,
tandis que les bois et les forêts du Maine
distillent des chants de douceur.
Nos robes, nos escarpins, et nos bas de soie
gisent sur une chaise,
distillent des chants de douceur.
Nos robes, nos escarpins, et nos bas de soie
gisent sur une chaise,
cette nuit,
sous nos chandeliers,
je t’ai récité des odes saphiques
que tu as reprises,
sous nos chandeliers,
je t’ai récité des odes saphiques
que tu as reprises,
moi qui suis ton amante,
et qu’une humble poétesse,
puis, je t’ai magnifiée
avec ma langue et mes paumes
et qu’une humble poétesse,
puis, je t’ai magnifiée
avec ma langue et mes paumes
et je t’ai donné d’énervantes caresses
ô ma Maîtresse,
tu as gémi des chants de langueur,
des heures durant,
ô ma Maîtresse,
tu as gémi des chants de langueur,
des heures durant,
nous avons partagé
le lait de ta chair,
et nous nous sommes endormies,
entremêlées.
le lait de ta chair,
et nous nous sommes endormies,
entremêlées.
Ce soir, nous recommencerons nos joutes d’Eros
jusqu’à ce que triomphe l’innocence de ta clarté,
jusqu’à ce que règne
l’émoi de nos cœurs !
jusqu’à ce que triomphe l’innocence de ta clarté,
jusqu’à ce que règne
l’émoi de nos cœurs !
Sophie Rivière