rivière
Maître Poète
Les violettes blanches se courbent sous la brise
J’erre, languide, depuis ton décès, voilà un an déjà,
ma Maîtresse, mon Infante,
parmi les bois et les forêts du Maine,
ma Maîtresse, mon Infante,
parmi les bois et les forêts du Maine,
non loin de moi, se hissent les voiles de l’aurore,
les violettes blanches se courbent sous la brise,
je m’arrête parfois dans une clairière,
les violettes blanches se courbent sous la brise,
je m’arrête parfois dans une clairière,
je contemple, assise contre un chêne,
le temple des frondaisons,
le dais de lumière du soleil vient réchauffer
le temple des frondaisons,
le dais de lumière du soleil vient réchauffer
l’autel des mousses et des herbes,
et brasille ma robe de satin et mes bas de soie.
Je pense à Toi dont la Grâce et le désir berçaient mon coeur,
et la Jouissance de nos strophes d’amour,
je me sens sans force, j’ai tant besoin de ta Lumière,
et de l’astre de ta beauté.
et brasille ma robe de satin et mes bas de soie.
Je pense à Toi dont la Grâce et le désir berçaient mon coeur,
et la Jouissance de nos strophes d’amour,
je me sens sans force, j’ai tant besoin de ta Lumière,
et de l’astre de ta beauté.
Je ne connais plus le royaume de tes seins,
et l’empreinte de ton pertuis contre le mien,
je me relève, je marche sans cesse, et je pleure,
et l’empreinte de ton pertuis contre le mien,
je me relève, je marche sans cesse, et je pleure,
je ne sors plus le matin pour te cueillir des asphodèles
dans notre jardin, ces fleurs que tu aimais tant,
cependant, une lueur d’espérance est née
dans notre jardin, ces fleurs que tu aimais tant,
cependant, une lueur d’espérance est née
car j’ai rencontré hier, en allant sur ta tombe,
une jeune femme belle comme le jour qui m’a souri, complice,
sa vénusté et sa blondeur ont fait battre mon coeur,
une jeune femme belle comme le jour qui m’a souri, complice,
sa vénusté et sa blondeur ont fait battre mon coeur,
la scansion de ses escarpins dessus le bitume
a éveillé en mon coeur la douceur des roses,
je vais prier Sappho, ce soir,
a éveillé en mon coeur la douceur des roses,
je vais prier Sappho, ce soir,
afin qu’elle devienne au plus vite ma Douce, mon Impératrice de liesse
et qu’elle me dise au plus vite,
nue comme le vent, lascive, sur ma couche,
et qu’elle me dise au plus vite,
nue comme le vent, lascive, sur ma couche,
en ma chambre, après notre duel d’Eros :
- encore ma chérie, c’est si beau,
c’est si bon !
- encore ma chérie, c’est si beau,
c’est si bon !
Sophie Rivière