Les rivières de mon cœur...
Au fond de mon cœur coulent des ruisseaux de bonheurs.
Ceux qui mènent aux souvenirs de ma plus tendre enfance
Ont un goût d'amour inassouvi et de grande désespérance,
Celle qui parle de silences, d'absences, d'amères saveurs...
Je suis née dans une ferme aux murs de granit grisâtres
Couverte d'un toit d'ardoises bleues ruisselantes d'amour,
Elles ont vu naître toute ma famille dans leur vieux bourg.
Une vieille chapelle y absout toujours les âmes noirâtres..
Le grand cerisier blanc d'autrefois n'est plus de ce monde.
Maman y grimpait, alors qu'elle m'attendait, je dégustais
La chair pulpeuse du fruit brillant rouge juteux à souhait,
Encore blottie au creux des douces entrailles si rondes...
Puis grand-mère s'éteignit alors que je venais de naître,
La dame et sa faux, impitoyable me privât à tout jamais,
De cette si chère présence nécessaire à celui qui naît.
Sur le doux visage de ma mère on vit la joie disparaître...
Puis ce fût le tour de grand-père, cher aïeul moustachu,
Nous nous promenions de longues heures, qu'il soit béni...
Dans sa poche, il avait un chien roux, Dieu qu'il était petit!
Comme je l'aimais ce grand homme à l'air un peu bourru!
Au fond de mon cœur coulent des rivières torrentielles,
Remontant en cascades vers la source pure de ma vie,
Je repense à ma maman, à toute la souffrance, ces bris
Imprimés en moi qui pourtant lui envoie un merci éternel...
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