rivière
Maître Poète
Les palais d’ombre agonisaient sous les dais de l’été
Les palais d’ombre agonisaient sous les dais de l’été,
les parfums des lys et des hyacinthes montaient dans les halliers,
tandis que je cheminais, triste, depuis l’aube,
je ne prêtais plus attention à la beauté des nénuphars,
les parfums des lys et des hyacinthes montaient dans les halliers,
tandis que je cheminais, triste, depuis l’aube,
je ne prêtais plus attention à la beauté des nénuphars,
ni au reflet de ma magnificence dans l’onde des ruisseaux
depuis que tu m’avais quittée, ô ma Sirène, ma Vénérée,
pour aller chercher fortune à l’étranger,
je me remémorais les stances de tes prunelles,
depuis que tu m’avais quittée, ô ma Sirène, ma Vénérée,
pour aller chercher fortune à l’étranger,
je me remémorais les stances de tes prunelles,
et de nos liesses lors de nous joutes charnelles,
je ne prenais plus garde aux bocages et aux forêts,
seules les oiselles dans les voiles des arbres comprenaient
mes pleurs, et louaient l’harmonie de mon visage,
je ne prenais plus garde aux bocages et aux forêts,
seules les oiselles dans les voiles des arbres comprenaient
mes pleurs, et louaient l’harmonie de mon visage,
les sentes connaissaient
la scansion de mes escarpins dessus les marquisats des mousses,
et la rutilance de mes bas de soie quand survenait midi.
Un bourg apparut non loin de moi,
la scansion de mes escarpins dessus les marquisats des mousses,
et la rutilance de mes bas de soie quand survenait midi.
Un bourg apparut non loin de moi,
je décidai de m’y rendre afin de me restaurer,
je te vis alors, lumineuse, ceinte de clarté,
dans ta micro-robe de tulle noire, à ta vue, l’émoi s’empara de moi,
mon coeur battant la chamade, je me jetai à tes pieds,
je te vis alors, lumineuse, ceinte de clarté,
dans ta micro-robe de tulle noire, à ta vue, l’émoi s’empara de moi,
mon coeur battant la chamade, je me jetai à tes pieds,
et transportée par la souveraineté de mon émoi, je te déclarai
ma flamme, et j’attendis, anxieuse, la rose de ta réponse.
Tu me souris, tu acquiesças, tu me conduisis
sans mot dire dedans la chambre de ta maison,
ma flamme, et j’attendis, anxieuse, la rose de ta réponse.
Tu me souris, tu acquiesças, tu me conduisis
sans mot dire dedans la chambre de ta maison,
je te laissai faire, éblouie par ta Grâce,
tu ôtas mes vêtements que tu jetas sur un fauteuil,
tu fis de même, la fontaine de ta chevelure rutilait
dans la moiteur du Soleil, tu m’étendis dessus l’ivoire de ta couche,
tu ôtas mes vêtements que tu jetas sur un fauteuil,
tu fis de même, la fontaine de ta chevelure rutilait
dans la moiteur du Soleil, tu m’étendis dessus l’ivoire de ta couche,
tes seins hauts plantés et lourds, auréolés de vénusté, durcirent,
tes paumes caressèrent la double amphore de mes hanches,
tu me chevauchas des heures durant,
appuyée contre les parois de splendeur,
tes paumes caressèrent la double amphore de mes hanches,
tu me chevauchas des heures durant,
appuyée contre les parois de splendeur,
contre les ogives de nitescence, je gémis des missels d’infini,
soudain, l’archipel de ma Jouissance m’envahit,
le nectar de ma sève jaillit, tu le lapas,
et je devins ta Femme pour l’éternité, ô ma Déesse !
soudain, l’archipel de ma Jouissance m’envahit,
le nectar de ma sève jaillit, tu le lapas,
et je devins ta Femme pour l’éternité, ô ma Déesse !
Sophie Rivière