Les ombres...
Alors que des enfants nantis jouent au chat, à la souris,
Chantent avec la pureté de leurs douces voix cristallines,
D'autres petits apprennent à manier de très lourds fusils,
Les yeux exorbités, terrorisés par la peur que l'on devine...
Arrachés à leur famille, sous les cris de leur pauvre mère
Ils voient disparaître les prémices de vie souvent difficile,
Et disent adieu au monde de leur enfance, à leurs frères,
Désormais ils portent le lourd tribut de guerres inutiles...
Bafoués, mutilés, ensanglantés, ils pleurent à l'intérieur,
Leur cœur paraît dur, s'éloignant de la vie et de l'amour,
Ils n'ont pas le choix, ils n'aspirent plus au temps meilleur,
Tuent pour ne pas être tués, jouent dans «la grande cour!»
Comment peut-on, après l' horreur perpétuée au soleil,
Devenus de cruels assassins, comment sauver ces âmes?
Pourquoi avoir décidé qu'un jour, avant un légitime éveil,
Qu'ils seraient la triste armée des ombres de l'infâme?
Pourquoi faut-il que l'homme détruise sa progéniture?
A quoi sert d'avoir donné la vie pour engendrer la mort?
Faut-il considérer l'enfant comme une « Excalibur? »
Ne vaudrait-il pas mieux se rappeler qu'il est un trésor?
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