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Les nomades du grand désert blanc

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion amapoesia
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amapoesia

Nouveau poète
Plus légère encore que le sable blanc du désert,
l'âme de l'enfant qui vient de céder à la famine
l'âme douce et torturée que la mort vient d'emporter
transcende lentement
au dessus du petit oasis mourant
dans lequel les touaregs ont planté leurs tentes.
Ils sont une vingtaine
une tribu
trois ou quatre familles
trois générations
nés au Niger, ou en Algérie
mais fils du Sahara
hommes du désert
persécutés pour leur naissance libre entre les dunes
persécutés parcequ'ils ne sont pas des frontières d'un pays
mais appartiennent aux grains de sable, nourris par une chamelle
La sécheresse, comme une malédiction,
s'est abattue sur le désert
plus un oued où l'eau ne coule
et ce sont les enfants qui partent les premiers.
De l'autre coté du grand désert blanc,
la mer.
Après la mer,
la richesse superficielle du plus vieux continent,
dit-on.
La civilisation maitresse et exemplaire,
croit-on.
Là s'envole une âme
plus légère que l'air qu'elle respirait
air pollué et lourd de pourriture.
L'âme d'une enfant qui vient de céder
au dernier assaut de cet homme
au dernier coup de cette femme
aux dernières tortures de ces monstres
qui sont ses parents ... dit-on
Là, dans sa tour de béton
attachée nuit et jour à un radiateur brûlant
plus chaud encore que le sable du désert
quand le soleil est au zénith
la fillette attendait chaque jour avec plus de terreur
les coups et la violence de la nuit tombée.
Civilisation avancée, trop avancée et ava cée trop vite
qui ne suit plus le train mené par les trops grands
parcequ'il va trop vite
qui ne suit plus le pas de ses propres enfants
parceque pas le temps.
Civilisation maitresse
qui enferme et torture la colombe et l'enfant
qui tue la différence et vénère l'argent
Civilisation maitresse
qui colonise l'esprit des peuples encore enfants
pour en faire des parents
qui torturent à leur tour
les nomades du grand désert blanc.
20 janvier 1992
 
en voilà une prose pour la quelle un vote s'impose...j'ai bcp aimé...bravo !
 
Joli! Le genre de poème que je n'écris jamais car je n'arrive pas à raconter...
 
Magnifique...pour "une saharienne" que je suis..(maladies Tropicales)..si tu l'as imaginé c'est tt à fait bien retranscrit..si tu l'as vaicu comme je le vis...c'est trés bien décrit...je pars "chez eux"lundi..à mon retour je te ferai partager si tu le veux..toute la magie deL'Afrique du Nord au Sud..à mon niveau
Bises
jocelyne
 
superbe, jocelyne a tout dit. magnifiquement ecrit, construit, tout y est , de la beauté à la cruelle realité.
bisous
isa
 
Un parfum de sable chaud, blanc et bleu mêlés, dignes même dans le deuil...opposée à une puanteur physique et mentale, noir et rouge sang cruelle et indigne...Un poème violent et cru, un cri du coeur face à l'abject. Bravo pour cette dénonciation Ama.
 
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