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Les mots, la poésie

OLIVIERW

Maître Poète
Les mots,

J’aime les triturer, à l’endroit, à l’envers
Entre mes mains, ils sont de petits instruments
Avec eux, je façonne, je polis des vers
Vers de terre et d’éther, que j’écris goulûment.

Je suis friand et avide, de traits d’esprit
Savourant à la fois, l’humour et l’ironie
Un bon mot, bien placé, j’en suis tout surpris
Un mot vulgaire, je le voue aux gémonies.

Les mots, il faut les manger doucement, sans bruit
Ils doivent glisser le long de votre œsophage
Et arriver dans l’estomac, un goût de fruit
Vous devez ressentir, l’oubli des Lotophages !

Les mots descendent les marches à pas feutrés
En rang serré, ils se dirigent vers l’écrit
Quelques uns, gaiement, se mettent à folâtrer
Sur le papier, en poussant de joyeux cris.

Le poète surpris, par un tel vacarme
S’énerve et interpelle les capricieux
De l’ordre Messieurs ! Ayez peur du gendarme
Que je suis, je n’aime pas les séditieux !

Je veux de vous, sérieux et surtout grandeur
Seuls les plus beaux, seront choisis pour ce poème
Prenez vous par la main, j’aime votre candeur
Allez ! Vous, mes tendres mots, enfants de bohème !

La Poésie,

Ce n'est pas pour plaire ou déplaire, que j'écris
Il m'est plus aisé de dire ces mots, ces cris
Par l'écrit ! Nulle envie de raconter ma vie
La poésie, c'est le chemin que j'ai choisi !

Qu'un vent de tempête ou un soleil radieux
Assombrit, éclaircit, mon esprit audacieux
Je suis auteur et acteur, mais pas malandrin
Qui prend sa plume, pour ces alexandrins !

Exprimer par des mots choisis, bien pensés
De grands, de beaux sentiments et de belles pensées
C'est cela, mon dessein, mon plus profond désir
Que mes vers ouvrent votre cœur, de doux plaisirs !

Travailler sur les mots à les rendre plus beaux
Les images, les rythmes, et leurs sonorités
L’élan créateur à la lueur des flambeaux
Qui me pousse à écrire avec célérité.

Entre l’emphase et le pathos des sentiments
A l’intime de ces lectures romantiques
Aux chants glorieux des combats et châtiments
Je suis perdu dans des méandres dramatiques.

Je promène mon cœur sur des chemins de terre
Parcourant tous les maux d’un univers lyrique
A la fois posture et imposture, l’abécédaire
Des tons exprimés à la beauté esthétique.

J’ai ressenti dans la poésie populaire
La musique de l’âme et les chansons d’amour
Mélopées et mélodies dans le sanctuaire
Des poèmes anciens et des récits de cour.
 
La poésie doit naître d’une idée portée par un récit, cette idée doit avoir une âme, le récit un corps et l’un et l’autre sont inséparables.

Quelque soit notre âge l’illusion poétique survit, sans tomber dans le romanesque notre fantaisie se replie sur le rêve. Une migration de tous les instants vers le climat des poètes s’impose à notre cœur et nous ne refusons jamais le voyage.

L’air y est si pur, le ton si haut, que les miasmes vulgaires pour les âmes basses, n’y survivent guère!.

Il nous est, sans doute, facile de nous mettre en liaison avec cette splendeur de la beauté qui s’entoure des plus hauts sommets de l’idée. La poésie est ce monde surnaturel où l’on atteint l’extrême pointe de nous-mêmes, où l’on découvre la plénitude et les tendances profondes de l’être.

La poésie est une sauvegarde d’autant plus sûre que sa tutelle se plie sur notre naturel épris de rêve, d’émotion et de liberté. Elle prolonge en vibrations harmonieuses nos états d’âmes ordinaires et fixe nos inspirations, à un cœur sans emploi, elle peut offrir un objet d’adoration.
Nous devons aimer ce frémissement intérieur où viennent se réfléchir et s’exalter tant de nobles rayons et toutes les mystérieuses virtualités de notre pensée et de notre cœur.

Le prestige de la poésie qui relève d’une technique luxuriante, mérite notre attention. Comme dans la nature "les parfums, les couleurs et les sons" dans une ténébreuse et profonde unité" tous les arts s’y retrouvent et s’y répondent. Elle rivalise avec la peinture, la sculpture et la musique. Elle ne vit comme les beaux arts que de couleurs de relief et d’harmonie.

Poètes, vos vers charment mes yeux et leur mélodie parle directement à mon âme sa langue divine.

Créer la vision poétique, pour fuir le présent et sa prose inévitable, n’est pas simplement le parti-pris de la beauté matérielle et sensuelle, mais bien une migration vers les âges disparus ou vers des terres lointaines.

L'exotisme dans le temps et dans l’espace répond à une tendance vigoureuse de notre cœur.

Si le vertige vous gagne sur les pics les plus hauts de la poésie, puissiez vous, au moins, ne pas renvoyer les légendes, les belles imaginations de nos humanités au pays des chimères.

L’année doit garder son printemps. On se demande avec angoisse quels fruits pourraient porter les arbres vigoureux et droits, pleins de sève généreuse, si la rigueur insolite de la saison les avait condamnés à n’avoir point de fleurs.

Au-dessous de la froide réalité, flotte un monde aussi vrai d’où se trouvent bannies les trivialités et les bassesses.

Rien n’y froissent les âmes dans leur élan vers la noble beauté qui s’exprime dans une langue divine, vivant symbole de perfection et de nouveauté. Elle procure cette joie de la découverte, si familière à notre esprit toujours jeune.

Enfin, c’est dans ce monde de la fantaisie, qui anoblit la vie ordinaire, que l’on trouve tous les sommets de l’idée, du sentiment et de la volonté.

La destinée de l’homme, sa grandeur et sa misère, s’expriment avec une éclatante lumière chez tous les poètes de génie.Tous les graves problèmes, tous les rayons sublimes y prennent un accent plus profond et plus émouvant. Rien de ce qui est humain et surtout divin ne leur est étranger.

S’ils peignent la vérité la plus triste et la moins belle, nous les sentons péniblement troublés.

Ils décernent la palme aux vainqueurs, aux volontés héroïques, découvrent chez nous que nul objet n’est plus élevé au monde que la grandeur du libre arbitre humain.
Tout ce qui dépasse dans la vie du cœur, dans l’action ou la pensée, le niveau ordinaire et moyen, relève directement de la poésie.

Elle seule est capable d’exprimer la beauté idéale sans la déformer avec tout l’enthousiasme qu’elle mérite et les plus sceptiques doivent lui reconnaître ce privilège.

Enfin, pour conclure, l’œuvre d’art n’est pas une traduction au clair de lune de la réalité, c’est la naïve adoration du vrai et de la nature avec la seule volonté de fuir la laideur, le mensonge grossier, les vilénies de la vie ordinaire.

Amitiés poétiques
MLCCACTP
 
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