India
Nouveau poète
Les larmes du purgatoire
L`amour a existe au fond de son jardin,
Il était merveilleux, comme un rêve lointain.
Un jardin sans frontières où les plus belles âmes
Se mêlaient jours et nuits en bas des oriflammes.
Son cœur s`est endormi auprès de son histoire,
Irriguée de folie, de choses qu`on ne peut croire.
Tellement irréelle, comme un cadeau du ciel,
A faire tout oublier, sa raison immortelle..
Ce songe silencieux au goût suave d`espérance,
S`est nourri de passion, gouffre de l`inconscience.
A tissé dans le ciel un chef-d`œuvre ingénu,
Puis à l`aube qui s`éveille, oublié, disparu.
Un matin tout s`écroule et survient le néant.
Les beaux contes de la veille, un livre transparent.
Le brouillard de l`esprit éclaire l`horizon,
La princesse n`est plus qu`un triste papillon.
Le château est tout noir et vide à l`intérieur.
Le silence est l`écho qui fait battre son cœur.
La douleur l`entoure, elle n`a plus de repères ;
Comme une naufragée, elle s`inquiète et elle erre.
Il n`y a plus de route pour aider son destin,
Ses détracteurs s`acharnent et sonne le tocsin.
Le moment est venu de justifier sa vie,
Mais les juges l`accablent, tous contre elle réunis.
Elle n`a pour se défendre qu`une seule plaidoirie :
Elle s`en est égarée dans le bois interdit.
Mais la vie au château était souvent pesante
Et les fleurs au-dehors, magiques et odorantes.
Elle a été tentée d`en cueillir quelques unes
Mais elle s`est contentée de leur parfum de lune.
Par leurs douces effluves elle a été charmée,
Enlevée, libérée, par leur feu envoutée..
Mais l`une d`elle l`a piqué au moment de partir
Et le grand méchant loup a commencé à nuire.
Le bois ensorcelé s`est refermé sur elle
Et puis s`est transformé en une prison cruelle.
Là l`animal blessant la nargue et la torture.
Elle n`est plus que l`esclave de cette mésaventure.
Elle n`est plus que le souffle difficile à humer,
Elle n`existe presque plus pour ne pas le choquer.
Les gens de la cité ont eu vent de l`histoire
Et l`on a entendu les pires réquisitoires.
Puis on l`a emmenée et on l`a séquestrée,
Ses jours ne furent plus que du miroir le reflet.
Tous ses secrets ont été pris en filature,
On a jeté son intimité en pâture.
Et elle souffre en silence dans sa tour d`ivoire
Pour une défaillance que personne ne veut croire.
Et elle se meurt depuis, à l`ombre des regards,
Subissant le dédain, la haine, le désespoir.
Elle agit malgré elle, morte est son existence
Devant des cerveaux vides de toute tolérance.
Elle a envie de fuir, d`être libre, de pleurer,
Il l`a privé de tout, insulté, calomniée.
Mais elle ne peut bouger, son arme est la patience ;
Subir son joug encore, et son impertinence.
Jusqu`au bout du chemin, supporter son enfer,
Avaler sa rancœur, réciter des prières.
Hier n`existe plus, pas de nouveau départ.
Aujourd`hui assumer les larmes du purgatoire.