rivière
Maître Poète
Les lais de ma Féminité et de ma Grâce
Les temples des feuillages s’écartent en plis de rideaux
au gré de ma marche, lorsque j’erre, souveraine,
parmi les bocages, face aux torches de l’aurore,
face à l’autel des ciels d’azur.
au gré de ma marche, lorsque j’erre, souveraine,
parmi les bocages, face aux torches de l’aurore,
face à l’autel des ciels d’azur.
Je me repose, je hume les baldaquins des mousses,
je repends ma route, ma longue chevelure d’ébène tressaute
alors au creux de mes reins, parfois le vent soulève
ma robe courte transparente de lin, mais je n’en ai cure, car
je repends ma route, ma longue chevelure d’ébène tressaute
alors au creux de mes reins, parfois le vent soulève
ma robe courte transparente de lin, mais je n’en ai cure, car
je suis Splendeur et douceur,
les oiselles, et tous les animaux de la Création
me révèrent, et psalmodient
les lais de ma Féminité, et de ma Grâce.
les oiselles, et tous les animaux de la Création
me révèrent, et psalmodient
les lais de ma Féminité, et de ma Grâce.
Je t’attends
ma Suzeraine, ma Sirène, mon amante,
toi qui es partie un soir de novembre
pour aller étudier à Paris,
ma Suzeraine, ma Sirène, mon amante,
toi qui es partie un soir de novembre
pour aller étudier à Paris,
les paupières des forêts célébraient
le sanctuaire de nos amours si belles et si féminines,
et résonnent encore de mes sanglots de rut,
j’ai tant besoin de ta ferveur, j’ai si envie de toi,
le sanctuaire de nos amours si belles et si féminines,
et résonnent encore de mes sanglots de rut,
j’ai tant besoin de ta ferveur, j’ai si envie de toi,
je t’attends, toi qui m’as initiée aux psaumes de la langueur,
les jours passent et trépassent,
souvent dès que le Désir me submerge,
je vais dans la clairière où nous sommes connues,
les jours passent et trépassent,
souvent dès que le Désir me submerge,
je vais dans la clairière où nous sommes connues,
j’ôte mes habits, je sors de mon sac à main
le godemiché que tu m’avais offert et que tu avais béni,
et, avec pour seul témoin le monde,
je l’enfonce lentement de ma rivière d’amour
le godemiché que tu m’avais offert et que tu avais béni,
et, avec pour seul témoin le monde,
je l’enfonce lentement de ma rivière d’amour
jusqu’à la grotte de ma matrice, je recommence mes gestes si délicats,
bientôt je ne suis plus que gémissements, et perfection,
je hurle des odes saphiques, et je bois le lait de ma sève,
puis je loue, poétesse, les collines de mes seins de magnificence,
bientôt je ne suis plus que gémissements, et perfection,
je hurle des odes saphiques, et je bois le lait de ma sève,
puis je loue, poétesse, les collines de mes seins de magnificence,
et la corolle de ma Toison. J’ai reçu ta lettre, tu arriveras demain,
à ta venue, dedans notre maison, dessus notre couche,
je te prendrai, nue comme moi, et au corps-à-corps,
je t’asservirai de douceur, et tu seras mienne à jamais !
à ta venue, dedans notre maison, dessus notre couche,
je te prendrai, nue comme moi, et au corps-à-corps,
je t’asservirai de douceur, et tu seras mienne à jamais !
Sophie Rivière
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