rivière
Maître Poète
Les haubans de ta joliesse
Non loin de mon bourg en Sarthe,
il est un étang où voguent lentement des cygnes
qui glissent majestueux sur le dais des jours,
à leur passage, l’eau se ride,
puis redevient sereine,
le vent chuchote des strophes de langueurs
il est un étang où voguent lentement des cygnes
qui glissent majestueux sur le dais des jours,
à leur passage, l’eau se ride,
puis redevient sereine,
le vent chuchote des strophes de langueurs
que reprennent les bois et les forêts du Maine,
tandis que passent dans le ciel
des nuages, et que règne l’or bleu de l’azur.
tandis que passent dans le ciel
des nuages, et que règne l’or bleu de l’azur.
C’est là je t’ai rencontrée un matin nuptial,
je n’avais que vingt ans, et je n’avais jamais connu l’amour,
ô mon Epousée,
je n’avais que vingt ans, et je n’avais jamais connu l’amour,
ô mon Epousée,
alors que je me promenais en la prée,
ta robe de lin flottait sous les rires du vent,
ta longue chevelure de jais
ta robe de lin flottait sous les rires du vent,
ta longue chevelure de jais
pendait aux haubans de ta joliesse.
Tu errais, épuisée, parmi les landes et les forêts,
tes bas de soie brasillaient aux caresses des soleils,
Tu errais, épuisée, parmi les landes et les forêts,
tes bas de soie brasillaient aux caresses des soleils,
émue par ta fatigue et ta détresse,
je te conduisis en ma maison,
et te désignai ma couche afin que tu te reposasses,
je te conduisis en ma maison,
et te désignai ma couche afin que tu te reposasses,
tu t’allongeas, et tu dormis des heures durant,
je m’installai sur une chaise auprès de toi,
et je pris ta dextre qui pendait, ô ma Sirène.
je m’installai sur une chaise auprès de toi,
et je pris ta dextre qui pendait, ô ma Sirène.
A ton réveil,
tu me souris,
tu m’attiras à toi, et je découvris enfin,
tu me souris,
tu m’attiras à toi, et je découvris enfin,
seins contre seins, pertuis contre pertuis,
les rivages de la Passion,
et depuis lors, tu es mienne, et il ne passe pas de jour,
les rivages de la Passion,
et depuis lors, tu es mienne, et il ne passe pas de jour,
sans que je n’écrive dessus nos chairs,
dessus le lait de nos spasmes,
la beauté de nos amours si belles et si féminines !
dessus le lait de nos spasmes,
la beauté de nos amours si belles et si féminines !
Sophie Rivière