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Les deux coeurs (extrait)

jackharris

Nouveau poète

LORIENT, le 19 Juillet 1961,


Je m’en vais repartir, et reprendre la route,
Repasser à Paris pour rejoindre Toulon,
Avec la peine au cœur et mon âme en déroute,
Avec l’esprit en feu, en pleine déraison.
Oui, je vais retourner à mes tristes voyages
Sur une mer sans fin où je pourrai m’enfuir ;
Je garderai, pourtant, au fond de mes bagages
Un visage adoré au bien doux souvenir.
Je ne peux me résoudre à accuser Maryse
D’un crime aussi odieux, froidement perpétré,
Seul, le destin m’accable et sans trêve me brise
En se jouant de moi, de ma crédulité.
Mais Maryse est coupable, il me faudra l’admettre
Que je le veuille ou non, j’ai constaté le fait,
Or je l’aime bien trop pour oser me permettre
De créer un scandale ou un simple méfait.
Mieux eut valu pour moi que d’un mot elle écrive :
" Ô Jacques, mon ami,

C’est avec un regret
" Mais par moralité qu’il faut que je transcrive
" Que d’un mauvais destin nous étions le jouet.
" Je te disais t’aimer, je me montrais sincère
" Et je portais sur toi toutes mes illusions,
" Mais j’ai commis l’erreur de t’aimer comme un frère,
" Je n’aurais jamais dû suivre mes impulsions
" Qui me poussaient vers toi à travers cette route,
" Espérer cette vie, bâtir notre projet ;
" Ô Jacques, crois-moi bien qu’à présent il m’en coûte
" D’avouer devant toi mon terrible secret.
" Peut-être hurleras-tu en criant au parjure !...
" Je peux imaginer la profonde affliction
" Que tu endureras sous l’atroce torture,
" Le seul mot qui me vient est seulement : pardon.
" Pardon d’avoir brisé ta chair sous la souffrance,
" D’avoir brûlé ton cœur au pied de son autel
" Pardon d’avoir trompé ton unique espérance,
" De t’avoir enlevé à ton Dieu immortel.
" Tout est bien mieux ainsi car tu restes mon frère,
" Mon parent, mon ami, toi qui es merveilleux,
" Eternel voyageur d’une terre étrangère
" Me ramenant toujours des cadeaux si précieux.
" Tu me pardonneras, compagnon de voyage,
" Toi le brave, le fort, que mon cœur a aimé,
" Et, lorsque dans les cieux, je verrai un nuage
" Je penserai à toi, et à ta liberté.
" Adieu mon petit frère !... Adieu, poursuis ta route
" Et, si un jour vers moi t’appelle le destin,
" Que ton cœur aussitôt ne soit pas en déroute
" En constatant que j’ai dû changer de chemin."
Mieux valu cet aveu plutôt que le silence,
Ç’eut été moins brutal et plus honnête aussi,
Cela m’aurait porté à certaine indulgence
Car la compréhension serait venue ainsi.


extrait du roman "Les deux cœurs"

- 2000
 
super poéme je dirais même magique
merci de ce partage
bisous !!!!!!
 
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