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Les deux coeurs - 3ème extrait

jackharris

Nouveau poète

Ce 3ème extrait afin de satisfaire à la curiosité de notre chère Amapoesia


Première conclusion


ANNONAY (Ardèche), le 3 Mars 1988,
L’histoire est achevée, j’ai reposé ma plume
Les larmes dans les yeux, dans le cœur l’amertume,
Le corps entier vibrant devant le souvenir
Des amants merveilleux qui ont voulu s’unir
Sous l’égide sacrée de l’univers céleste,
Quand moi je ne voyais que leur destin funeste.
Ils se sont sublimés pour sauver tour à tour
Leur honneur et leur foi, ainsi que leur amour,
Préserver le serment qu’ils firent à l’Eglise,
Prenant Dieu pour témoin, Jacques comme Maryse.
Peut-on les accuser d’un acte de démence,
D’un manque de raison ou bien d’incohérence ?
J’oppose mon refus à de telles questions,
Moi qui vous ai aimés, je connais vos raisons ;
J’ai longtemps partagé vos peines, vos souffrances
Et vos rares instants de folles espérances ;
J’ai vécu votre mal en me tenant dans l’ombre,
Votre lutte acharnée contre un destin si sombre
Que moi, vous remplaçant, je n’aurais pu tenir,
J’aurais abandonné plutôt que de souffrir.
La flamme de l’hymen, malgré votre fardeau,
Vous l’avez élevée pareille à un drapeau
Qui flotte dans l’azur pour montrer sa vaillance
Et placer à ses pieds tout acte d’arrogance.
J’ai mis plus de trente ans avant que ma mémoire
Ne se décide, un jour, à conter votre histoire,
Entre mes souvenirs et le cahier sanglant
De Jacques, que j’avais, j’ai hésité pourtant
A dévoiler au monde un secret si terrible,
Craignant que Dieu, jaloux, ne me prenne pour cible.
Devant votre courage et votre obstination
A faire marche arrière il n’était plus question,
Trop d’années ont passé et je me sens bien vieux,
Si je dois vous revoir, qu’ai-je à craindre des cieux ?
Le temps, qui m’a fané, a laissé la blessure
Aussi vive qu’aux jours de votre meurtrissure,
J’ai porté le fardeau que vous avez quitté
Tout en portant celui qui m’était affecté.
Avant de vous rejoindre et de fermer les yeux,
Avant que de quitter ce monde belliqueux,
J’ai cru de mon devoir de porter votre emblème
Pour que quelqu’un, un jour, puisse faire de même,
Afin que votre histoire subsiste avec le temps,
Tienne bon les hivers et fleurisse aux printemps,
Pour que tous les amants qui se font des caresses
Respectent à tout jamais l’honneur d’une promesse,
D’un serment devant Dieu, de l’amour, du mariage,
Qu’ils sachent pleinement le sens du verbiage
Car, les paroles en l’air, de même que les mots,
Sont indignes de ceux qui ne sont pas des sots.
Avant de refermer le livre sur l’histoire
Sachez que vous serez au fond de ma mémoire
Toi, Jacques, doux amant, Maryse, fleur secrète,
Enchaînés à jamais dans le cœur d’un poète
Qui a pleuré souvent sur votre déchirure,
Votre amour sublimé par votre démesure
Et, qu’au jour d’aujourd’hui, il envie votre sort,
Qu’il persévérera jusqu’à ce que la mort
L’entraîne dans son lit, le place dans sa couche,
Que sa lèvre glacée se pose sur sa bouche.
C’est fini à présent, je vais pouvoir m’éteindre,
J’ai rempli le devoir où je devais m’astreindre ;
J’ai transmis le flambeau, la flamme étincelante
A la génération qui, déjà grandissante,
Le prendra à son tour pour le donner, plus tard,
A celle qui suivra, sans le moindre retard.
Adieu!... Jacques, Maryse, ma vie qui va finir,
Nous fera retrouver dans un proche avenir.
 
j'en était sûre.
je pense que Dieu préfèrera toujours l'amour.
même si ses églises ne peuvent l'accepter.
merci, Jack, pour cette belle histoire.
 
un auteur et poète digne de ce nom, pour de telles oeuvres reconnues et couronnées d'honneur, quel parcours vraiment surprenant et admirable, bienvenue dans notre chaîne d'amitiés, amicalement lyse
 
plaisir de lire ce 3ème extrait..(merci à ama ! et à vous ! ) Dieu préfère l'Amour....pour moi, ce serait plus qu'une vérité...."Dieu...est Amour "..... Merci sincèrement !
Amitiés
Chriss
 
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