LES DERAISONS DE LA PEUR
Apprendre à se libérer des suaires de ses peurs,
Défier les rides des lendemains, l’effroi de la mort,
Ignorer la gesture glaciale des fossoyeurs,
Se montrer fort, impénétrable, indolore.
Dans ma vie combien d’affres de détresse
Ai-je dû combattre, batailler, affronter,
En asséchant mes larmes et les angoisses perverses
Je me suis réfugiée en un écrin éthéré.
S’initier aux périples de l’existence,
Garder en mémoire les derniers souffles de vie,
S’illuminer de furtives réminiscences
En l’image sordide de l’agonie.
Je me suis forgée une cuirasse d’airain
Depuis l’exode final de ma mère,
Je ne crains plus les remous des incertains,
Je savoure, je tourbillonne en la lumière.
Aux lames du temps, aux ressacs des ans
J’ai pris conscience des sources inconditionnelles
Où devront s’étouffer les primes balbutiements
En quelque rivage aux craintes pastel.
Malgré ces convictions où je puise l’endurance
Il est de ces ténèbres habillées de noir
Où la hantise, la panique jouent à contre danse
Alors que les minutes s’égrainent en joug d’assommoir.
« Mes enfants ne sont pas rentrés ! »
Sueur froide, âcre salive, frissons de terreur
« Dieu ! qu’il ne leur soit rien arrivé ! »
Je tourne, je vire en des convulsions de frayeur.
La déraison m’étreint, me fige, me transperce,
J’erre dans la nuit, chancelante, pantelante,
J’entends leurs pas, l’affolement dénoue ses herses,
Je reprends mon souffle et ma lucidité redevient consciente.
Apprendre à se libérer des suaires de ses peurs,
Défier les rides des lendemains, l’effroi de la mort,
Ignorer la gesture glaciale des fossoyeurs,
Se montrer fort, impénétrable, indolore.
Dans ma vie combien d’affres de détresse
Ai-je dû combattre, batailler, affronter,
En asséchant mes larmes et les angoisses perverses
Je me suis réfugiée en un écrin éthéré.
S’initier aux périples de l’existence,
Garder en mémoire les derniers souffles de vie,
S’illuminer de furtives réminiscences
En l’image sordide de l’agonie.
Je me suis forgée une cuirasse d’airain
Depuis l’exode final de ma mère,
Je ne crains plus les remous des incertains,
Je savoure, je tourbillonne en la lumière.
Aux lames du temps, aux ressacs des ans
J’ai pris conscience des sources inconditionnelles
Où devront s’étouffer les primes balbutiements
En quelque rivage aux craintes pastel.
Malgré ces convictions où je puise l’endurance
Il est de ces ténèbres habillées de noir
Où la hantise, la panique jouent à contre danse
Alors que les minutes s’égrainent en joug d’assommoir.
« Mes enfants ne sont pas rentrés ! »
Sueur froide, âcre salive, frissons de terreur
« Dieu ! qu’il ne leur soit rien arrivé ! »
Je tourne, je vire en des convulsions de frayeur.
La déraison m’étreint, me fige, me transperce,
J’erre dans la nuit, chancelante, pantelante,
J’entends leurs pas, l’affolement dénoue ses herses,
Je reprends mon souffle et ma lucidité redevient consciente.