rivière
Maître Poète
Les ancolies édictent au monde la musique de ta langueur
L’aurore pâle se lève lentement,
les oiseaux s’ébrouent
parmi les vaisseaux des forêts,
les oiseaux s’ébrouent
parmi les vaisseaux des forêts,
les mâts d’ombre effeuillent les strophes de rosée
dessus le dais des heures,
les ancolies se redressent,
dessus le dais des heures,
les ancolies se redressent,
et édictent au monde
la musique de ta langueur,
ô ma Douce, mon Amazone.
la musique de ta langueur,
ô ma Douce, mon Amazone.
Nous marchons paume contre paume,
le long de la Maine,
en cette contrée d’Anjou
le long de la Maine,
en cette contrée d’Anjou
où bat le coeur de ton enfance,
tout à l’heure, mes bras t’ont attirée
encore contre mes seins,
tout à l’heure, mes bras t’ont attirée
encore contre mes seins,
car tu es mienne,
je sais la splendeur de ta béatitude,
et la double amphore de tes hanches,
je sais la splendeur de ta béatitude,
et la double amphore de tes hanches,
tu es mon Élue, la Femme d’entre les Femmes,
celle que chantaient Sappho, et ses prêtresses,
je te connais depuis que le monde est monde,
celle que chantaient Sappho, et ses prêtresses,
je te connais depuis que le monde est monde,
depuis lors, tu es devenue ma félicité et ma clarté
qui conduit les rimes de mon âme.
Tout à l’heure, en notre borde,
qui conduit les rimes de mon âme.
Tout à l’heure, en notre borde,
je te prendrai, haletante,
tes iris diront ton consentement,
et je te conduirai pétale après pétale
tes iris diront ton consentement,
et je te conduirai pétale après pétale
jusqu’aux rivages de la Jouissance,
nous partagerons le lait de ta victoire,
et nous nous endormirons, entremêlées,
nous partagerons le lait de ta victoire,
et nous nous endormirons, entremêlées,
bercée par
l’émoi de notre tendresse
si pure et si belle !
l’émoi de notre tendresse
si pure et si belle !
Sophie Rivière
