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LES ÉTOILES

benoit la plume

Maître Poète
LES ÉTOILES
Tu consoleras en ton cœur
Les étoiles floues du firmament,
La tristesse d’un astre en pleurs
Au souvenir des jours aimants.

Et tous ces mots de bienvenue,
Mécaniques, prononcés sans soin,
Qu’on te lançait sans être ému,
Te sembleront vides et lointains.

Gravissant la pente insensée
D’une montagne interminable,
Juste pour revivre en pensée
Cet abandon irréfutable,

Tu draineras tes jours frileux
En pas de danse d’orphelinat,
En Notre Père qui êtes aux cieux
A Bogota ou à Lima,
Où n’importe où où tu n’es pas,
En tes prières évaporées
Mêlant aux embruns d’Etretat
Les ombres sombres des forêts.

Et les étoiles se pencheront
En coquelicots du mois de Mai,
S’épancheront, s’inclineront
Pour conjurer le verbe aimer.

Et parfois, te souvenant du
Sourire crispée de la caissière
Qui tenait bon face à l’afflux
Des lourds caddys au cœur de pierre,

Tu songeras aux sans-abri,
Aux cœurs meurtris qui ont lâché,
Au monde entier qui reste assis,
Qui n’est pas là pour se fâcher.

Et toute la beauté du monde
Se couchera en mal famée,
Et les étoiles feront la ronde,
Et les étoiles inconsolées.
 
Oui, à chaque fois une vraie profondeur, sensible, tendre, et malgré tout aiguisée, affûtée ; comme une lame se glissant entre la peau rugueuse et rêche de la vie et la douceur des fruits : un authentique cheminement, qui laisse au lecteur le soin de mettre lui même un nom sur ce qui résonne en lui, sans injonction, mais où pointent néanmoins souvent certains accents d'une discrète résignation désabusée.
Vraiment : merci.
merci
 
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