Une ombre sans visage,
Sans voix;
Une tendresse sans bras,
Sans bonheur;
Un souvenir sans image,
Sans lumière;
Une tombe sans marbre,
Sans nom:
La mère
De l'enfant sans mère.
L'enfant sans mère
Cache dans son âme
Le chagrin, le fardeau
D'une interruption involontaire
De maternité,
Qui a fait de lui
Un demi-frère, un demi ami,
Un demi amant, un demi rien.
L'enfance amère
De l'enfant sans mère
Est un hiver,
Qui ne finit pas,
Qui ne s'oublie pas.
L'enfant sans mère
Va dans la vie
Les yeux baissés,
Le cœur mouillé,
Pour éviter
De chanceler,
De rencontrer la différence,
L'indifférence.
L'enfant sans mère
A, plein la poitrine,
Des sentiments
De toutes les couleurs,
Qu'il veut partager,
En échange d'un sourire.
Mais les enfants-à-mère
Ne comprennent pas
Les fantasmes, les frustrations
D'un demi-frère, un demi ami,
Un demi amant, un demi rien.
L'enfance amère
De l'enfant sans mère
Est un hiver,
Qui ne finit pas,
Qui ne s'oublie pas.
L'enfant sans mère
S'amarre
À toutes les mères,
Pour éviter
De chavirer,
De se noyer
Sous les tempêtes
De ses colères,
Ses révoltes.
L'enfant sans mère
Explore son passé
Par pages entières,
Cherchant
Dans les instants,
Une empreinte, une trace,
Un sein.
L'enfant sans mère
Consomme son temps
Par années entières,
Cherchant
Dans les regards
Un mot, une caresse,
Un rivage.
L'enfant sans mère
Ne grandit pas.
Il a, dans la mémoire,
L'âge des inquiétudes,
Des solitudes,
Du quotidien
D'un demi-frère, un demi ami,
Un demi amant, un demi rien.
L'enfance amère
De l'enfant sans mère
Est un hiver,
Qui ne finit pas,
Qui ne s'oublie pas.
L'enfant sans mère
Fait des nuages
Des lits douillets,
Pour s'évader,
Dissimuler
Ses envies, ses caprices,
Ses insolences.
L'enfant sans mère
Écoute aux portes
Des bonheurs
Les cris ingrats,
Les pleurs futiles,
Le trop-plein de joie
Des enfants-à-mère,
Qui ne remarquent pas
Les angoisses,
Les souffrances,
D'un demi-frère, un demi ami,
Un demi amant, un demi rien.
L'enfance amère
De l'enfant sans mère
Est un hiver,
Qui ne finit pas,
Qui ne s'oublie pas.
L'enfant sans mère
Aime sans détours,
Sans atours,
Sans retour,
De toutes les forces
De son trop-plein
D'amertume.
Et lorsque l'amour,
Par erreur, par hasard,
Frappe à sa porte,
L'enfant sans mère
S'affole, hésite,
Car il se méfie
Des amours calculés
Mesurés,
Volontairement modérés,
Des enfants-à-mère,
Pour un demi-frère, un demi ami,
Un demi amant, un demi rien.
L'enfant sans mère
Réclame, dans ses rêves,
Une grande passion,
Croissante, dévorante,
Toujours présente;
Une passion
Au visage sans larmes,
Á la voix douce,
Aux bras tendres;
Image lumineuse
D'un souvenir ressuscité,
Qui fera de lui
Un frère, un ami,
Un amant, un être entier,
Car il aura retrouvé
La moitié effacée
par une interruption
Involontaire
De maternité.
L'enfance amère
De l'enfant sans mère
Est un hiver,
Qui ne finit pas,
Qui ne s'oublie pas.
Une ombre sans visage,
Sans voix;
Une tendresse sans bras,
Sans bonheur;
Un souvenir sans image,
Sans lumière;
Une tombe sans marbre,
Sans: nom,
La mère
De l'enfant sans mère.
Sans voix;
Une tendresse sans bras,
Sans bonheur;
Un souvenir sans image,
Sans lumière;
Une tombe sans marbre,
Sans nom:
La mère
De l'enfant sans mère.
L'enfant sans mère
Cache dans son âme
Le chagrin, le fardeau
D'une interruption involontaire
De maternité,
Qui a fait de lui
Un demi-frère, un demi ami,
Un demi amant, un demi rien.
L'enfance amère
De l'enfant sans mère
Est un hiver,
Qui ne finit pas,
Qui ne s'oublie pas.
L'enfant sans mère
Va dans la vie
Les yeux baissés,
Le cœur mouillé,
Pour éviter
De chanceler,
De rencontrer la différence,
L'indifférence.
L'enfant sans mère
A, plein la poitrine,
Des sentiments
De toutes les couleurs,
Qu'il veut partager,
En échange d'un sourire.
Mais les enfants-à-mère
Ne comprennent pas
Les fantasmes, les frustrations
D'un demi-frère, un demi ami,
Un demi amant, un demi rien.
L'enfance amère
De l'enfant sans mère
Est un hiver,
Qui ne finit pas,
Qui ne s'oublie pas.
L'enfant sans mère
S'amarre
À toutes les mères,
Pour éviter
De chavirer,
De se noyer
Sous les tempêtes
De ses colères,
Ses révoltes.
L'enfant sans mère
Explore son passé
Par pages entières,
Cherchant
Dans les instants,
Une empreinte, une trace,
Un sein.
L'enfant sans mère
Consomme son temps
Par années entières,
Cherchant
Dans les regards
Un mot, une caresse,
Un rivage.
L'enfant sans mère
Ne grandit pas.
Il a, dans la mémoire,
L'âge des inquiétudes,
Des solitudes,
Du quotidien
D'un demi-frère, un demi ami,
Un demi amant, un demi rien.
L'enfance amère
De l'enfant sans mère
Est un hiver,
Qui ne finit pas,
Qui ne s'oublie pas.
L'enfant sans mère
Fait des nuages
Des lits douillets,
Pour s'évader,
Dissimuler
Ses envies, ses caprices,
Ses insolences.
L'enfant sans mère
Écoute aux portes
Des bonheurs
Les cris ingrats,
Les pleurs futiles,
Le trop-plein de joie
Des enfants-à-mère,
Qui ne remarquent pas
Les angoisses,
Les souffrances,
D'un demi-frère, un demi ami,
Un demi amant, un demi rien.
L'enfance amère
De l'enfant sans mère
Est un hiver,
Qui ne finit pas,
Qui ne s'oublie pas.
L'enfant sans mère
Aime sans détours,
Sans atours,
Sans retour,
De toutes les forces
De son trop-plein
D'amertume.
Et lorsque l'amour,
Par erreur, par hasard,
Frappe à sa porte,
L'enfant sans mère
S'affole, hésite,
Car il se méfie
Des amours calculés
Mesurés,
Volontairement modérés,
Des enfants-à-mère,
Pour un demi-frère, un demi ami,
Un demi amant, un demi rien.
L'enfant sans mère
Réclame, dans ses rêves,
Une grande passion,
Croissante, dévorante,
Toujours présente;
Une passion
Au visage sans larmes,
Á la voix douce,
Aux bras tendres;
Image lumineuse
D'un souvenir ressuscité,
Qui fera de lui
Un frère, un ami,
Un amant, un être entier,
Car il aura retrouvé
La moitié effacée
par une interruption
Involontaire
De maternité.
L'enfance amère
De l'enfant sans mère
Est un hiver,
Qui ne finit pas,
Qui ne s'oublie pas.
Une ombre sans visage,
Sans voix;
Une tendresse sans bras,
Sans bonheur;
Un souvenir sans image,
Sans lumière;
Une tombe sans marbre,
Sans: nom,
La mère
De l'enfant sans mère.