rivière
Maître Poète
Le vin du printemps s’écoule lentement
Le vin du printemps s’écoule lentement
parmi la prée et les bois du Maine,
ô ma Douce, mon amante,
parmi la prée et les bois du Maine,
ô ma Douce, mon amante,
je marche, triste, le long du Loir,
sac à main sur l’épaule,
car tu m’as quittée
sac à main sur l’épaule,
car tu m’as quittée
pour quelle affaire d’héritage,
mes bras se referment sur moi,
mais ils ne trouvent que la forteresse du vide.
mes bras se referment sur moi,
mais ils ne trouvent que la forteresse du vide.
Je pleure l’encens de ta douceur,
l’urne de tes hanches,
et j’épelle les haubans de ta joliesse,
l’urne de tes hanches,
et j’épelle les haubans de ta joliesse,
ma robe courte de lin brasille
sous les rayons timides du soleil,
mes bas de soie crissent à chacun de mes pas,
sous les rayons timides du soleil,
mes bas de soie crissent à chacun de mes pas,
tandis que la scansion de mes escarpins
brise l’or bleu du silence.
Quand reviendras-tu contre moi,
brise l’or bleu du silence.
Quand reviendras-tu contre moi,
je veux sentir à nouveau tes seins contre les miens,
je vais sans cesse dans ta penderie
respirer tes tuniques, et ta lingerie,
je vais sans cesse dans ta penderie
respirer tes tuniques, et ta lingerie,
et dans ton boudoir les parfums de ton musc,
reviens ma Vénérée, mon Élue,
regagne notre couche,
reviens ma Vénérée, mon Élue,
regagne notre couche,
je veux te posséder, car tu es mienne
depuis que je t’ai initiée
aux mystères des prêtresses de Sappho
depuis que je t’ai initiée
aux mystères des prêtresses de Sappho
échangeons à nouveau
le sang de nos ardeurs,
nous boirons le miel de nos blanches noces,
le sang de nos ardeurs,
nous boirons le miel de nos blanches noces,
et nos strophes de tendresse
pour montrer au monde
la magnificence de nos Amours pures et si belles !
pour montrer au monde
la magnificence de nos Amours pures et si belles !
Sophie Rivière