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le vieux garçon ou . . . love story en Algérie

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Casbadji
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Casbadji

Nouveau poète


LE VIEUX GARCON OU ... LOVE STORY EN ALGERIE


Comme chez moi, j'étais l'aîné
D'une flopée de garçonnets
Dès que j'ai eu trente ans sonnés
Mon mariage fût ordonné

On prononça cette sentence
Après débat et mon audience
Moi indécis, sans résistance
J'ai consenti par mon. . .silence

Fallait alors vite dégoter
Un brin de femme de toute beauté
De bonne famille en primauté
Et pas trop loin; juste à côté

C'est grâce alors à une cousine
Laquelle avait une voisine
Dont la belle-sœur; était copine
De mon âme sœur, comme l'on devine

Paraît qu'elle a des doigts de fée
Qu'elle sait tout faire, même le café
Un vrai bijou, rare et parfait
Qu'l'on épouserait; l'air satisfait

C'est une jeune fille, dont on vantait
Tant de vertus et qualités
Que rapidement un comité
Chez ses parents s'est présenté

En attendant les résultats
Moi, j'étais dans tous mes états
Heureux, inquiet; un peu bêta
Qu'un broc d'café me remonta

J'étais aux anges! au firmament
Quand; la plus tendre des mamans
Laissa fuser, joyeusement
De longs youyous! Pour compliments

Mari et femme on va s'unir
Pour le meilleur et pour le pire
On partagera tout à l'avenir
Un p'tit espace ou un Empire!

J'ai commencé par relancer
Tous les services des APC
Sur les dossiers qu'javais placé
Dans leurs tiroirs par le passé

J'ai demandé très légalement
A qui de droit un p'tit logement
Au rez-d'-chaussé d'un bâtiment
Ou quelque part en lotissement

Pour m'acquitter de ce devoir
J'ai sillonné le territoire
Dans le seul but, le seul espoir
De dénicher juste un dortoir

Pour épouser mon "bleu cordon"
Un affairiste au gros bedon
M'a arnaqué comme un dindon
Dans une histoire de bastidon

Puis, j'ai clamé urbi et orbi !
Un p'tit abri; même un gourbi
Mais c'est en vain, puisque des fourbis
Sont fabriqués comme alibi

Même si un toit est un des droits
Des citoyens comme je le crois
Il serait tort et maladroit
D'y croire encore par cet endroit

Comme l'attente creusa des rides
Sur son visage à l'air candide
Elle s'affola; devint livide
Puis...me lâcher, elle le décide !

Ne jouant plus à Pénélope
De cette antique Grèce d'Europe
Elle n'attend plus et me dit:"stop!"
Tu n'as même pas le trou d'une taupe

J'ai essayé de l'attendrir
La dorloter; et l'adoucir
En chuchotant de longs soupirs
A vous faire fondre comme de la cire

"C'n'est pas la peine d'insister!"
M'avait-elle dit avec dureté
La p'tite fiancée qu'javais projeté
De prendre en noces un soir d'été

J'l'ai supplié tout en émoi
"Je ne peux pas vivre sans toi!"
Elle répliqua me laissant coi:
"Moi, je n'peux pas vivre sans toit!"

Elle m'expliqua que finalement
Sans la bagnole et sans logement
Elle s'en foutait éperdument
De la noblesse des sentiments

Dans la tristesse et la grisaille
Elle m'a rendu toute la ferraille,
Tout le butin et l'attirail
Que j'ai offert lors des fiançailles

En recevant ce camouflet
Qui me serrait et m'étranglait
J'ai eu tellement l'envie d'hurler
Toute ma souffrance, tel un cinglé

Etant largué par celle que j'aime
Pour un logement, ce gros problème
Je me retrouve face au dilemme
Vie de foyer ou vie d'bohème?

Mais finalement; je fus forcé
Au mariage; d’y renoncer
Et de cesser de trop penser
A celle qui fût ma seule fiancée

Que Dieu préserve ma vieille mère
Celle qui rend douce la vie amère
D'son vieux garçon vivant l'enfer
D'un endurci célibataire.


MERZAK OUABED
Alger, 1997


NB : en Algérie APC (Assemblée Populaire Communale) ex mairie
 
superbe j'ai bien aimé mais il fini mal dommage
merci pour le partage
violette
 
c'est la pure réalité,si bien raconté,la réalité finit mal en general.mais c si joliment dit qu'en oublie le malheur de la réalitié au profil de la beauté des expréssions.
merci merzek
 
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