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Le Train

Butt3rFly

Nouveau poète


Le bruit de la fermeture des portes ;
Bruit strident qui fait grincer les dents, et stresser les gens ;
Puis enfin, le train s’ébranle, et s’en va rapidement,
C’est dans un nouveau voyage qu’il s’emporte.

Mes pieds sur un siège, le visage à la fenêtre,
Je voyage dans et à l’extérieur du train, au tempo du vent, au rayon du soleil,
Au rythme du paysage, la musique à l’oreille ;
Et j’ai la larme, celle du voyageur sans foyer, celle de l’être,
Qui ne sachant où aller,
S’en va mélancoliquement là-bas, loin vers de sombres allées.

Le paysage défile,
Les arbres sont floues, et ma vue s’exile
Dans ces verts bosquets arrosés d’un faisceau de luminosité,
Dans ces immobiles mouvements, cette extériorité.

Ralentissement, une arrivé en gare.
Des silhouettes sans noms ni prénoms,
Montent à bord, les valises pleines de secrets et de mystères sans renom ;
Et moi, je suis le jeune homme assis dans l’ombre, là-bas dos au mur, avec son stylo pour nuageux cigare.

Voilà qu’il repart,
Le train avance plus vite qu’un nuage ;
Un nuage sur rail, transporteur de rêveurs de tout âge ;
Mais si vite il freine alors que moi pour ma part,
Je voudrais qu’encore il voyage ;
Et dans mon cœur je sais
Que mon voyage est terminé,
Et qu’un peu de rabais
Est trop demandé.

Ma descente du train sur terre;
J’ouvre la porte qui coulisse en un bruit d’air ;
Mes pieds sur le sol, j’entends le ventre de l’ogre ; le bruit de moteur,
D’un train bouillant s’en allant pendant que mes pas de voyageur
Meurent dans les adieux et les pleurs.
Ami tu sais,
Le train est un endroit atemporel,
Un non-lieu abstrait,
Au trajet sans fin, voire surnaturel.

Je me laisserais bien emporter à jamais dedans,
Comme une feuille dans l’vent,
Mais parait-il qu’il faut
Stopper son voyage, arrêter sa rêverie, pour ne pas mourir sous la faux.
Parfois en y sortant, on change de train,
Et l’on rentre dans ces souterrains
Où des voyageurs autant pressés que différents ;
De la femme angoissée et ses enfants,
Au solitaire étrange balayant les environs
A la recherche de réponses à ses questions ;
Se croisent dans un remous incessant
Dans cet antre du voyage sentant
Les épices des cultures du monde,
Qui ici l’atmosphère aromatisent et inondent.

On y est là, mais aussi là-bas, aussi partout.
Ici, c’est la tolérance, l’égalité,
Car nul n’est chez soi, il n’y a de propriété ;
La loi est pour tous, de l’inconnu assis à celui debout.

Ecoute ami ; ces bruits ; les pas de tous qui résonnent ;
La preuve sonore de l’avancé du voyage
De chacun, s’approchant un peu plus de sa destination, de sa quête ; dans des orages
De piétinement qui contre les parois, en un éclair de pas, tonnent.





Le voyageur est un anonyme,
Il marche dans la pénombre,
Avec dissimulé au fond de lui, dans son coffre-fort, dans son ombre,
Des souvenirs de ses intimes,
Qu’il quitte ou rejoins
Par ce train, ou ce taxi, qui l’emmèneront si loin.

Et c’est enfin,
Au bout du tunnel, à la naissance de la lumière, à la fin,
Que le monde immobile émerge, que l’univers fixe des sédentaires
Se présente, à l’œil aveuglé du voyageur arrivé, à la surprise de l’étranger solitaire.

Le vagabond des temps modernes, habitant de toutes gares, choisi son chemin,
La sortie, ou peut-être même encore un train,
Pour un nouveau voyage, vers si loin là-bas, vers l’ailleurs,
Aussi loin que le mènera son cœur.


Butterfly


« Chronique du vagabond des temps modernes »
 
Un vagabond des temps modernes qui m'a enchanté . Vraiment une très belle écriture embellie par de belle images et une superbe atmosphère
Mille bravos
1 vote pour ce grand plaisir de lecture
Amitiés
 
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