J’ai huit ans, j’ai des billes
Elles sont belles, elles brillent
Je joue avec
J’ai tout mon temps...
Mes parents vont venir me chercher
Main dans la main on sortira de l’école
On ira peut-être se promener
J’aime mon Papa, avec lui je rigole
Et j’adore ma Maman, dans ses bras
Je prends mon temps...
J’aimerais grandir plus vite
Pour ne plus entendre « tu n’est pas assez grand »
Alors pour l’instant j’en profite
Il faut laisser faire le temps...
J’ai dix-huit ans, j’ai une copine
Elle est belle, et ses yeux brillent
Je veux vivre avec elle, tous les jours, toutes les heures,
Tout le temps...
Mes parents m’énervent souvent, j’aimerais m’en aller
Main dans la main avec ma copine, on partirait
À l’autre bout du pôle
On pourrait peut être s’y installer
Je ne supporte plus mon père, un vrai pot de colle
Et ma mère et ses conseils, conseil qui ne m’intéresse pas
Le sait-elle ??
Peu importe, pour comprendre
Il lui faudra du temps...
Je voudrais gagner de l’argent au plus vite
Et ne plus entendre « tu n’es pas assez mûr »
Alors pour l’instant je patiente
Mais l’idée de partir m’excite
En attendant
Laissons le temps au temps...
J’ai quarante-huit ans, j’ai une femme
Elle est belle, et depuis toujours ses yeux brillent
Je vie avec elle, tous les jours, toutes les heures
Depuis très longtemps...
Mes parents m’écrivent souvent, j’aimerais les visiter
Je leurs tiendrais la main, on irait dans leurs jardin
On pourrait peut être y manger
Si la journée le permet
Je ne vois plus mon père, il habite trop loin
Il me dit que ma mère est fatiguée, que peut-elle bien me cacher
J’espère qu’elle ira mieux, il faudrait que j’aille les voir
Mais je n’ai pas le temps...
J’aurais aimé gagner plus d’argent, pour aller les voirs simplement
Et ne plus entendre « quand viendras tu nous voir mon enfant »
Alors pour l’instant je patiente
Mais l’idée de les savoirs loins, je ne le supporte pas
On verra dans quelques temps...
J’ai quatre vingt sept ans, j’aimais ma femme tendrement
Elle était belle, et à travers les étoiles ses yeux brillent encore
Je vie désormais sans elle, depuis trop de jours
Depuis trop d’heures
J’aurais aimé avoir plus de temps...
Mes parents me manquent, très souvent
J’irais bientôt les rejoindre, sûrement
On se tiendra à nouveau la main, on ira dans leur jardin
On pourra y rester, pour l’éternité
Je me souviens de mon père dans quelques souvenirs lointains
Et de l’amour de ma mère qui me serrait dans ses bras
Il me manque encore souvent ces moments
Ou elle me disait « je t’aime mon enfant »
Je n’ai pas assez prit le temps...
J’ai juste assez d’argent
Mais pour en faire quoi maintenant
Je n’ai plus à côté de moi, cette voix douce qui me disait
"Vient, on s’achète ça" de temps en temps
Alors pour l’instant je patiente, j’attends, je finie ma vie
Seul dans un coin, sans mes parents, sans ma femme
J’attends mon dernier souffle, mon dernier cri
Je ne suis pas désespéré, mais je sais
Que le temps m’est compté...