LaMerveilleuse
Nouveau poète
Le silence
Nous sommes seuls sur un fil, equilibre instable, l'épaisseur de la tension pèse lourd. Mon coeur, ma tête, sont comme écrasés sous le poids de ton silence. Je me suis ouverte, j'ai tout dit. Dans cette obscurité incertaine, toi seul rayonne dans l'infini. Tu forme une apparition dans mon monde sombre. Nous sommes en equilibre. Je suis en train de basculer, lentement. Ton silence vibre si fort dans tout l'univers, les ondes de ta vois absente me poussent toute entière vers le néant. Tes traits parfaits expriment l'indécision soucieuse. Ta perfection m'empêche de bouger. Et la force de ton regard me fait vaciller. Ton regard si doux, si parfait, du velour bleu azur coulant dans mes yeux. Mon être tout entier n'a qu'un désir, m'avancer, courir vers toi, te serrer contre moi, sentir ton odeur, embrasser tes lèvres. Je t'aime avec la force d'un orage, du rugissement d'un lion. Tu m'observe, comme devinant le combat qui se livre entre mon désir de t'approcher, et celui de ne pas briser l'équilibre incertain de ton choix. Tu restes sans réaction, mais je sens que tu vas répondre. "Je t'aime", murmurais-je alors, mes mots résonnants en écho dans cet infinité. Alors, tu te lèves, et ton doigt se pose sur tes lèvres. "Chuut! non, ne pleures pas, attends" Mais le flot incessant coule sur mes joues. La frustration. Le silence, l'attente. Tu me regarde simplement, rayonant, un sourire au coin des lèvres. Puis, tu me condamne, tu me brises le coeur. Je saute dans le vide. La fin.