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Le secret de Marie... ( 1 )

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion janu
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janu

Maître Poète
Quand commence ce récit, Raymond et Marie habitaient un appartement du type F4 avec mezzanine dans un immeuble ancien mais bien rénové, d’une de ces petites rues calmes d’Uzès, pas loin du château de la Duchesse…
Il avait quarante trois ans, elle quarante et un. Ils avaient un fils de 16 ans : Georges, en études au collège de la ville. Raymond était ouvrier couvreur, employé d’une entreprise où le travail ne manquait pas ! Elle était depuis ses vingt ans employée de bureau à la mairie. Ils s’étaient connus jeunes aux bals de la ville et s’étaient mariés classiquement. Leur grande idée qui commençait à se réaliser : acheter du terrain à l’orée de la ville et y faire bâtir une jolie maison…

Son père à elle était retraité après avoir été plus de trente ans employé par la ville d’Uzès. Sa mère n’avait jamais travaillé. Ses parents à lui étaient à ce moment là, gardiens d’un domaine assez conséquent appartenant à un ‘estranger’, prés du village de Saint Siffret à quelques kilomètres d’Uzès.
Le premier drame est arrivé à ce moment là. Adèle la belle mère de Marie,
une personne très forte bien que remuante, avait un diabète soigné
depuis des années. Elle a eu de nuit une attaque cérébrale, et le matin Walter son mari s’était aperçu de son décès : déjà froide dans le lit ! S’en
est suivi un premier enterrement dans le cimetière de Saint Quentin la
Poterie où elle était née et ses parents déjà enterrés là.

Walter donc, le père de Raymond, était un vigoureux septuagénaire
( 71 ans ) encore bel homme : des épaules de débardeur ; droit comme un I, mais visage buriné. Il n’était pas du ‘Pays’ puisque citoyen Suisse à l’origine. Paradoxe, à dix sept ans, il avait quitté son village pour servir comme matelot de pont dans la marine de commerce ; puis 22 ans pour un motif pas très clair, il s’était engagé pour cinq ans dans la légion étrangère Française. A l’issue, devenu citoyen Français, il était arrivé à Uzès on ne
sait trop comment. Il y avait travaillé comme ouvrier agricole sur un domaine important. C’est là qu’il avait connu Adèle qui travaillait chez les mêmes patrons. Mariés sans plus de cérémonie : quelques mois après naissait Raymond…

Dure avait été leur condition ! Pourtant il était apte à toutes sortes de travaux et de bricolages, ce qui leur avait permis à l’âge de la retraite bien sonnée, de devenir gardiens d’un domaine où elle faisait un peu plus de ménage quand les patrons étaient là, et lui de l’entretien à l’année sur l’ensemble par cet habitation. Devenu veuf, on lui a fait comprendre qu’il n’y avait plus sa place !
Raymond avec l’accord de Marie lui a alors proposé de venir vivre chez eux…Le « Papé » de Georges ( eux aussi l’appelaient ainsi ) savait se rendre utile. D’abord sa petite chambre au rez de chaussée derrière la cuisine était bien tenue. Habitudes de la légion : lit refait au carré chaque matin ; linge toujours bien rangé. Comme elle commençait son travail à huit heures, il lui avait proposé de faire le balayage, l’astiquage des carreaux sur le sol, des vitres, du dépoussiérage, et autres ‘bricoles’ dans l’appartement.
Elle appréciait d’autant qu’il savait en plus faire les courses pour la
maison et acheter au marché comme elle n’aurait su faire mieux. Elle avait
l’habitude le soir de cuisiner doublement : pour le soir et pour le
déjeuner du lendemain qu’il n’y avait plus qu’à réchauffer ; Un repas
qu’elle prenait précédemment avec Georges seulement qui était élève au collège de la ville. Mais sur sa demande, elle lui avait laissé préparer ce repas de midi toute la semaine…

Raymond le plus souvent pour du travail en retard travaillait le samedi, toute la journée. Elle, elle allait au marché avec le Papé et ils préparaient le repas ensemble. L’après midi, comme elle ne conduisait pas, c’est lui qui l’emmenait souvent rendre une visite dans la famille avec leur voiture personnelle, Raymond utilisant celle de son patron.
Le dimanche après midi, Raymond allait jouer aux boules sur l’esplanade et si elle voulait sortir pour rendre une visite dans la famille ou une amie, c’était encore le ‘Papé’ qui l’emmenait. Le soir, dés après souper, Georges montait à sa chambre pour ses études et travaux à rendre le lendemain. Le samedi soir, il sortait avec ses copains. Quant à Raymond, toujours fatigué, il montait se coucher dés 21 h….
C’est donc avec le Papé, qu’elle regardait la télé jusqu’ à 22 h passées… ils échangeaient leurs avis sur les programmes : le plus souvent d’accord sur leur nullité ! Ce n’est que plus tard qu’elle a réalisé que c’était avec lui qu’elle passait le plus clair de son temps hors son travail ! Mais jamais la moindre parole ambiguë ou déplacée, et dans les gestes encore moins : Il était le Papé ; elle la bru… et deux ans se sont passés ainsi.

C’est alors que le second drame s’est produit. Au retour du travail, au sortir d’un chemin de ferme qui rejoignait la route entre le Pont du Gard et Uzès, Raymond peut-être fatigué, peut-être distrait par son collègue à côté, n’a pas vu arriver une voiture lancée à grande vitesse et s’est engagé sur la route. A sa place de chauffeur, il a encaissé tout le choc : tué sur le coup !
Et en plein tort pour les assurances… Second enterrement au caveau familial de St Quentin la Poterie.

Désormais à 43 ans, avec un fils de 18 ans, qui venait de réussir le concours d’entrée de l’armée de l’air et avait rejoint Salon de Provence, elle n’a vécu qu’avec son beau père de 73 ans. Mais personne n’y a vu malice…
C’était une femme jeune, donc : brune, vigoureuse bien que légèrement enrobée
et la poitrine… avantageuse ! cheveux noirs de jais, de beaux yeux gris-vert mais cachés derrière des lunettes aux verres fumés et importants de myope ; son visage était régulier et l’œil était attiré par sa belle bouche aux dents saines avec des lèvres pulpeuses.

A son travail, bien souvent elle avait essuyé des hommages et elle voyait le désir dans les yeux de beaucoup d’hommes qui passaient dans le service. Elle n’eut pas été femme si cela ne l’avait pas flattée, mais sans plus ! Avec son mari, il y avait eu les bals, la première amourette, quelques effusions mais elle avait tenu bon jusqu’au mariage. Ils avaient passé les quinze premiers jours de leur lune de miel dans la famille visitée ou dans des chambres d’hôtel, et elle s’était un peu affolée non de devenir femme, mais d’entendre son mari prendre son plaisir bruyamment… tout ce qui lui en restait comme souvenirs marquants !
Par la suite, avec son travail qui le voyait revenir assez tard, son mari dés après souper, montait se coucher fatigué ; quand elle rejoignait le lit conjugal, il dormait à poings fermés. Le matin il se levait tôt et c’était elle qui dormait encore. Hormis le dimanche matin où il restait plus longtemps au lit et la réveillait avec quelques caresses rapides suivies d’un coït furtif… Le même processus se passait parfois en pleine nuit : Elle n’y prenait bien sûr aucun plaisir, mais se prêtait à son désir sans maugréer, trouvant cela normal pour une femme mariée…
Aussi de dormir seule à présent, en son premier étage ( la chambre de Georges était vide mais le Papé avait gardé sa petite chambre du bas ) ne la changeait guère… Elle se croyait, et le disait quand une collègue de bureau l’interrogeait, qu’elle n’était pas portée sur la chose ! Elle n’attachait pas plus d’importance aux regards masculins et avait rabroué vertement un employé de la voirie qui s’était permis de lui faire une remarque pas très fine sur son veuvage…
Par contre, elle avait bien remarqué que le Papé était désormais plus familier, plus chaleureux et plus affectueux, ce qu’elle trouvait normal ; mais elle surprenait parfois son regard posé sur elle avec une lourde insistance : une fraction de seconde, puis vite il le détournait !
Raymond était mort au printemps. Elle a pris son congé au mois de juillet, mais elle n’a pas quitté Uzès, sauf pour quelques visites familiales d’une journée seulement. C’était toujours le ‘Papé’ son chauffeur attitré qui l’accompagnait.

à suivre...
 
c'était une petite femme merveilleuse et exemplaire qui n'a pas vraiment eu de
chance ! merci pour ce partage ...Bisous de Patou .
 
Un texte accrocheur...le 1er chapitre d'un roman!?...
Je file voir le 2ème chapitre...superbe Jan!!
Bisous. Judy
 
Une vie campant parfaitement les personnages...avec tous ces jours sans importance (ce qui est en réalité le bonheur que l'on ignore) et ses drames....une histoire merveilleusement contée...je "vais" lire la suite...Amitiés....lys
 
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