Filiatus
Maître Poète
Un radar installé à côté d'un platane
Flashait autos, motos, camions et caravanes
Du matin jusqu'au soir, et du soir au matin
Crépitait le focus de l'impassible engin
La mairie, le canton et le département
Sans trop fournir d'efforts gagnaient beaucoup d'argent
Et le radar de faire à longueur de journée
La morale au grand arbre sur les morts évitées
« Chaque année nous sauvons plus de dix mille humains
Qui ne se heurtent plus dans vos troncs assassins ! »
Le platane soudain après un long silence
Posa une question d'une rare insolence :
« Mon cher tas de ferraille, avez-vous souvenance
Du nombre de décès sur les routes de France
Lorsque vos créateurs, soucieux de nos destins
Souillèrent le pays de vos odieux cousins ? »
Le radar agacé fouilla dans sa mémoire
Qu’on avait programmé pour pallier ces histoires
« Le chiffre est de huit mille, affirma-t-il enfin
Huit mille vers la fin des années quatre-vingts »
« Eh bien dit le bel arbre, si je vous ai compris
Vous sauvez aujourd’hui quelque dix mille vies
Mais en réfléchissant vous faites mieux encore
Vous sauvez plus de vie qu’il n’y aurait de morts ! »
Le radar ébahi, mais ne comprenant pas
Poursuivit son office ivre de son bon droit
Sans savoir qu’on l’avait conçu, c'était logique
Moins pour sauver des vies que pour gagner du fric.
Flashait autos, motos, camions et caravanes
Du matin jusqu'au soir, et du soir au matin
Crépitait le focus de l'impassible engin
La mairie, le canton et le département
Sans trop fournir d'efforts gagnaient beaucoup d'argent
Et le radar de faire à longueur de journée
La morale au grand arbre sur les morts évitées
« Chaque année nous sauvons plus de dix mille humains
Qui ne se heurtent plus dans vos troncs assassins ! »
Le platane soudain après un long silence
Posa une question d'une rare insolence :
« Mon cher tas de ferraille, avez-vous souvenance
Du nombre de décès sur les routes de France
Lorsque vos créateurs, soucieux de nos destins
Souillèrent le pays de vos odieux cousins ? »
Le radar agacé fouilla dans sa mémoire
Qu’on avait programmé pour pallier ces histoires
« Le chiffre est de huit mille, affirma-t-il enfin
Huit mille vers la fin des années quatre-vingts »
« Eh bien dit le bel arbre, si je vous ai compris
Vous sauvez aujourd’hui quelque dix mille vies
Mais en réfléchissant vous faites mieux encore
Vous sauvez plus de vie qu’il n’y aurait de morts ! »
Le radar ébahi, mais ne comprenant pas
Poursuivit son office ivre de son bon droit
Sans savoir qu’on l’avait conçu, c'était logique
Moins pour sauver des vies que pour gagner du fric.