A l’époque d’Hérode, un enfant de Judée,
Qui s’appelait Jésus, se levait et disait,
En brandissant son cœur comme on manie la fronde :
« Je périrai cloué pour le rachat du monde. »
Quelques siècles plus tard et des morts à gogo,
Se levaient Robespierre et Murat et Danton
Qui, comme Archimède, en pressant leur citron
Découvraient, Eurêka, que les hommes sont égaux.
REFRAIN
Tous les gentils tous les bourreaux
Tous les méchants les honnêtes hommes
Seront rectifiés in petto
Pour satisfaire la Sorbonne.
Et pour mettre l’idée sur le champ en action,
Ils prièrent Guillotin d’inventer l’échafaud
Et d’y passer tous ceux qui, pour quelque raison,
Dépassaient d’une tête la moyenne des sots ;
Ils firent tant et si bien, qu’à la fin eux aussi,
Pour devenir égaux eurent la boule à zéro :
Quand le travail manqua pour nourrir le bourreau,
On graissa la machine, on la mit à l’abri.
REFRAIN
Tous les gentils les scélérats
Tous les méchants les honnêtes hommes,
Se sont vus interdire, en somme,
De garder la tête à l’endroit
L’aristo était mort, le bourgeois triomphait,
Les plus forts devenaient encore un peu plus forts,
Tandis que les petits se recroquevillaient
Sous le joug des nouveaux exploitants du trésor.
Aujourd’hui comme hier, le prétentieux se croit
Détenteur du savoir, créateur des lumières :
Le mobile à l’oreille, le volant dans les doigts
Dieu n’est pas son cousin quand il roule au grand air.
REFRAIN
Tous les bourreaux tous les gentils
Les honnêtes hommes et les truands
Paieront sans cesse de leur vie
Les utopies des plus savants.
Le révolutionnaire, bien nourri bien logé,
Au salaire confortable, aux efforts défrayés,
N’a pas comme Jésus, une croix à porter,
Sous le poids des épines et les sillons du fouet :
Pour les douze stations qui montent au Golgotha
Une voiture, un chauffeur le mènent à la tribune,
Où devant trois micros qu’on a dressé en croix,
Il se pose en martyr, excite les rancunes,
Et soulé de bravos, courbé sous l’ovation,
Il repart méditer en courant chez Fauchon
Sur la misèr’ du monde, sur ce prophète indigne
Qui depuis deux mille ans nous fait encore signe.
Le révolutionnaire, Jésus, c’était toi
Cloué comme tu l’es, tu ne peux pas descendre
Pour leur répéter ce qu’ils refusent d’entendre,
Ils te crucifieraient une seconde fois.
Ils te crucifieraient une seconde fois.
Qui s’appelait Jésus, se levait et disait,
En brandissant son cœur comme on manie la fronde :
« Je périrai cloué pour le rachat du monde. »
Quelques siècles plus tard et des morts à gogo,
Se levaient Robespierre et Murat et Danton
Qui, comme Archimède, en pressant leur citron
Découvraient, Eurêka, que les hommes sont égaux.
REFRAIN
Tous les gentils tous les bourreaux
Tous les méchants les honnêtes hommes
Seront rectifiés in petto
Pour satisfaire la Sorbonne.
Et pour mettre l’idée sur le champ en action,
Ils prièrent Guillotin d’inventer l’échafaud
Et d’y passer tous ceux qui, pour quelque raison,
Dépassaient d’une tête la moyenne des sots ;
Ils firent tant et si bien, qu’à la fin eux aussi,
Pour devenir égaux eurent la boule à zéro :
Quand le travail manqua pour nourrir le bourreau,
On graissa la machine, on la mit à l’abri.
REFRAIN
Tous les gentils les scélérats
Tous les méchants les honnêtes hommes,
Se sont vus interdire, en somme,
De garder la tête à l’endroit
L’aristo était mort, le bourgeois triomphait,
Les plus forts devenaient encore un peu plus forts,
Tandis que les petits se recroquevillaient
Sous le joug des nouveaux exploitants du trésor.
Aujourd’hui comme hier, le prétentieux se croit
Détenteur du savoir, créateur des lumières :
Le mobile à l’oreille, le volant dans les doigts
Dieu n’est pas son cousin quand il roule au grand air.
REFRAIN
Tous les bourreaux tous les gentils
Les honnêtes hommes et les truands
Paieront sans cesse de leur vie
Les utopies des plus savants.
Le révolutionnaire, bien nourri bien logé,
Au salaire confortable, aux efforts défrayés,
N’a pas comme Jésus, une croix à porter,
Sous le poids des épines et les sillons du fouet :
Pour les douze stations qui montent au Golgotha
Une voiture, un chauffeur le mènent à la tribune,
Où devant trois micros qu’on a dressé en croix,
Il se pose en martyr, excite les rancunes,
Et soulé de bravos, courbé sous l’ovation,
Il repart méditer en courant chez Fauchon
Sur la misèr’ du monde, sur ce prophète indigne
Qui depuis deux mille ans nous fait encore signe.
Le révolutionnaire, Jésus, c’était toi
Cloué comme tu l’es, tu ne peux pas descendre
Pour leur répéter ce qu’ils refusent d’entendre,
Ils te crucifieraient une seconde fois.
Ils te crucifieraient une seconde fois.