Repentit, attendant que finisse ma Peine. J'ai fauté, dans la Société. Maintenant j'attend, car la Douleur est Reine. Je pense sans cesse à mon geste. Cette soirée, un peu trop arrosée où j'ai dérapé. Dérapé dans ma vie, dans mon avenir. Pour moi comme pour mon fils, il n'y aura désormais plus de réel plaisir. J'ai tué. Je suis un assassin. J'ai poignardé de mes mains, mes propres mains, la femme que je chérissais. Désormais c'est trop tard, pour revenir dans le passé. Je suis devenu un bâtard sans devenir tracé. J'en pleure, chaque jour, chaque nuit. Chaque instant de ma vie. Et je prie sans relâche un Esprit. Celui de ma Femme. Je m'en veux, du plus profond de mon Âme d'avoir commis le crime d'ôter une vie. La vie de celle que j'aimais tant. Sans elle, je dépéris. Mais je me dis qu'au moins, je purge dignement ma Peine et ne suis pas tenté de noyer ma Peine. En guise de lit, une planche presque moisie. Des Barreaux. Une cellule. Une chouette au loin qui hulule. Cet environnement macabre n'est rien comparé à la détresse qui m'étreint. Je voudrais la prendre dans mes bras, lui dire mon Amour, tout bas. Je doit l'oublier. Enfin non. Oublier mon Amour pour elle. Je sus un fautif, un raté. Je l'ai tué. Je me souviens... De son rire, de son visage. De la courbe de ses reins quand elle se baladait sur la plage. Je ne dois plus penser à ces moments volés, moments magnifiques lorsque j'ignorait ô combien la vie est unique. Lorsque j'ignorait que depuis toutes ces année un Diable, un monstre, un raté, dans mon Coeur, s'était installé. Encore dix-sept années pour repenser à cette froide soirée où l'alcool empreignait mes veines et où ma Princesse, j'ai lâchement assassiné. ...