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Le printemps que tu n’as pas vu

Antoine Aimé

Poète libéré
J’irai pleurer sur cette tombe
Toutes les larmes de mon père
Toutes les peines qui t’incombent
De t’être perdue cet hiver

Aurais tu pu voir le printemps
Fleurir tes précieuses prunelles
Oubliant parfois que le temps
Leur donnerait bientôt des ailes

Il y aurait eu un beau soleil
Par la fenêtre caressant
Les pavements aux tons vermeils
Et les joues roses des enfants

Poindraient les rougeoyants feuillages
Pour voir sous tes fleurs adorées
Leurs drageons dans le premier âge
Éclore dans ton jardin doré

Au crépuscule des saisons
Tu aurais légué en adages
A ta lignée face aux tisons
Maintes annales en héritage

Mais tu reçus ton auréole
A l’aube du jardin naissant
Abandonnant à tes corolles
Le songe d’un amour absent

Les pétales n’ont rien à conter
Ni souvenirs, ni belles histoires
Pour mon petit être assoiffé
Car triste et vide est leur mémoire

J’aurais voulu pleurer ta tombe
D’avoir aimé, d’avoir perdu
Ma mamie, rêve de colombe
Que je n’aurai jamais connue
 
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