Verona
Nouveau poète
Le miel de la fleur qui s'envole, les feux de l'avion qui décolle
L'écume froide qui s'étiole parmi la symphonie des mouettes
Les yeux de l'enfant qu'on cajole, la pendule en vain qui s'affole
Il gardera cela en tête, le poète.
Jusqu'aux confins des blanches nuits où vient expirer la bougie
L'encre sortie de son étui part à l'assaut de sa conquête
Chassant la rime qui la fuit pour achever sa mélodie
Sur son écritoire il s'entête, le poète.
Versant de son sang dans ses vers, croisant le satin et le fer
Quand son coeur las se désespère de quelques strophes imparfaites
Son jardin de feuilles recouvert attendra la fin de l'hiver
Car de lui seul il est prophète, le poète.
Malgré les frissons ranimés d'un amour jadis consommé
Ce prénom qui bat à jamais sous le tambour de sa retraite
Il ne l'avoue ni ne l'admet, le manque effréné d'être aimé
Il pleure de sa voix muette, le poète.
Mais bien plus loin, après lui-même, lorsque son nom sera emblême
D'autres plus jeunes brûlant de même attiseront leur flamme ascète
Alors heureux, l'ancien bohème, sous son immobile peau blême
Aura pardonné ses défaites de poète.
L'écume froide qui s'étiole parmi la symphonie des mouettes
Les yeux de l'enfant qu'on cajole, la pendule en vain qui s'affole
Il gardera cela en tête, le poète.
Jusqu'aux confins des blanches nuits où vient expirer la bougie
L'encre sortie de son étui part à l'assaut de sa conquête
Chassant la rime qui la fuit pour achever sa mélodie
Sur son écritoire il s'entête, le poète.
Versant de son sang dans ses vers, croisant le satin et le fer
Quand son coeur las se désespère de quelques strophes imparfaites
Son jardin de feuilles recouvert attendra la fin de l'hiver
Car de lui seul il est prophète, le poète.
Malgré les frissons ranimés d'un amour jadis consommé
Ce prénom qui bat à jamais sous le tambour de sa retraite
Il ne l'avoue ni ne l'admet, le manque effréné d'être aimé
Il pleure de sa voix muette, le poète.
Mais bien plus loin, après lui-même, lorsque son nom sera emblême
D'autres plus jeunes brûlant de même attiseront leur flamme ascète
Alors heureux, l'ancien bohème, sous son immobile peau blême
Aura pardonné ses défaites de poète.