Le poème inutile
Un jour peut être, j’écrirai un poème
Au vers limpides, partout où je les sèment
Marchant dans les pénombres de mon esprit
J’invite la plume à suivre mes écrits
Dans un tourbillon d’envies et de non-dits
Je guide ces mots jusqu’au paradis
Pour le pauvre ange, du temps perdu, il aura
Mais sur terre, le lecteur, lui, le fera
La brebie perdue, égarée sur la toile
Voyage dans les confins du poème et lève le voile
S’armant de patience, ouvrant ses mille sens
Perplexe, elle contemple, ces phrasés immenses
L’auteur, lui, attend le moment prémonitoire
Pour obliger la lecture, et créer la chute de ce bijoux illusoire
Seulement, avant, il a d’autres ambitions
Celui de parler, déblatérer, baragouiner, brailler… fuyons !
Ô, toi, lecteur, qui lis ceci
Tenir la lecture jusqu’ici mérite au moins « merci »
Du courage, il fallut, pour ne pas l’ignorer
Ce poème inutile, à l’auteur détraqué
Mais sache que tu n’es pas le seul esprit
A venir jusqu’ici, et le poète en rie
S’il vous plait, je vous le demande, souriez de votre cité
Pour que je puisse terminer en beauté