LE PETIT TRAIN
« Je fais mon train-train quotidien sans entrain…
Tchou-Tchou « Messieurs les voyageurs, veuillez vous reculer du quai ! »
Le petit train va arriver avec sa fumée bleue…Et je l’entends siffler…le train…
« Terminus, terminus, tout le monde descend ! » Et là en sortant du wagon je me casse la gueule et fais un roulé boulé sous les rails…Et paf le chien !... Je suis écrabouillée mais dans une putain de force je recolle les morceaux et me remets sur mes panards.
Vrai j’ai une drôle de tronche et ressemble aux gueules cassées de Verdun…
Je me déplace comme un zombie, mais je vis ! »
Message envoyé à mon ami Janu lors de nos conversations matinales…un jour de blues…et mon Janu a compris ce langage franc parlé : quoiqu’ il arrive je ferai face et remonterai toujours à la surface!
D’où l’idée de cet écrit…
LE PETIT TRAIN DE LA VIE
Dédié à mon ami Janu
Depuis mon premier cri je fus entrainée dans un train,
Entre mon père et ma mère je me sentais si bien.
Ma destination, semblant toute droite tracée,
Me déplaisait et du train j’ai sauté…
En courant sur de nouveaux rails
Voulant par moi-même tenir le gouvernail
Je me suis engouffrée dans de nouveaux wagons
Vers d’autres directions…
Vrai la voie n’était plus si droite,
Je me suis souvent retrouvée les mains moites,
Les sentes empruntées n’étaient guère sûres,
J’ai vogué à plus ou moins vive allure…
J’ai souvent changé d’aiguillage
De compartiment en compartiment j’ai tourné les pages,
De Michelines en Corails,
De Tramways en Autorails,
Préférant les Omniums aux Trains Directs
Usant parfois de convois suspects…
Et m’élançant de train en train,
Quitte à me briser les reins,
J’ai franchi bien des ponts, des viaducs, des tunnels,
Découvrant les fortifications des citadelles.
J’ai connu d’autres rives et leurs dérives
L’assourdissement des locomotives…
J’ai parcouru maints chemins de fer
Souhaitant faire marche arrière
Mais mon trajet n’étant qu’un aller sans retour
Je ne puis l’effectuer à rebours.
J’ai vécu tant de bifurcations,
Vu tant de gares et de stations !
J’ai déambulé dans les couloirs
Face aux fenêtres ouvertes, face au noir,
Brinquebalée dans des trains fantômes
Parmi mes rêves, parmi les hommes.
Atteindre mon terminus par mes fins
Non pas me laisser conduire par un train !
Maintenant j’ai quitté la rame,
A pieds et au gré de mon âme
J’irai rejoindre la station finale
En un rythme posé et floréal.
A quoi sert d’aller plus vite ?
Serait-ce vouloir prendre la fuite ?
Il faut savoir affronter les fleuves
Surmonter de la vie les épreuves,
Redresser la tête coûte que coûte
En poursuivant gentiment sa route…