À la faveur de son imminence ténébreuse
Ayant étiré sur le doucereux patelin
Sa grande et épaisse fourrure de jais,
Le commissaire-priseur, mirage clandestin,
Souffle les délicats moutons d’or faits
De son encensoir au sillage onirique
Sur les spectateurs en deuil nostalgique.
Un sage reclus glisse agile, alors,
Bâillant, les yeux légèrement larmoyants,
De son bel écueil de coton capricieux,
Pour saisir, penaud mais enfin triomphant,
Son étrange trésor aux reflets précieux :
Un sobre damier aux nuances irisées,
Aux cases constellées de symboles gravés.
D’un regard concentré et si scintillant,
Emporté bientôt, dans une sombre transe,
Le sage devenu tacticien du terrain
Guide au milieu de la vive effervescence,
D’un doigté chaotique mais souverain,
Son champion d’artifice, un chevalier roi,
Dans son miroitant et muet tournoi.
La nuit progressant sur son long chemin,
Le sage s’efface soudain et s’oublie,
Et son jumeau taquin fiévreux surgit :
Voleur de charisme et joueur sanguin,
L’ermite perd toute sa modestie,
Et sombre, l’esprit tout à fait assourdi,
Dans son empyrée infernal qui l’assujettit.
Sa patience s’enfuit et se tord,
Ses lèvres exhalent des vapeurs de venin,
Sa voix bien posée siffle et s’anime.
Son corps de carcan s’articule,
Son âme par le jeu se sublime ;
Le voilà gâtant son propre trésor,
Dans l’émoi qui brise enfin tout son frein.
Mais son cher mitoyen, ronflant et matinal,
Chassé du songe tendre et vespéral,
N’aime pas, hélas, ce vacarme ridicule !
Il lui rappelle dans un curieux tambour,
En un morse orchestral mais sourd,
Que l’océan noir de ses astres lesté,
Danse pour panser son cœur fatigué
Offrant un repos au corps qui lui reste
Pour préparer sa réelle journée.
Alors doucement, voyageur suspendu,
Retiens ton bambin libre et déchaîné,
Ce génie virtuose du monde parallèle.
Caresse avec liesse ton trésor mordu,
Reste fou mais sois sagement ordonné,
Pour offrir la paix sous la voûte belle,
Au voisin de l’ombre, guettant l’aurore.
Plus tard enfin, repus de son évasion
Dans le pandémonium si chimérique,
Renvoie ton enfant sauvage au fond
De sa geôle au tréfonds oricalmique ;
Car le jour pleuvera bientôt sur le monde,
Et ton instinct noir, si vampirique,
Craint déjà la lueur dorée et féconde.
Ta passion déchirante enfin assouvie,
Ô sage reclus, dors du sommeil du juste
Ayant étiré sur le doucereux patelin
Sa grande et épaisse fourrure de jais,
Le commissaire-priseur, mirage clandestin,
Souffle les délicats moutons d’or faits
De son encensoir au sillage onirique
Sur les spectateurs en deuil nostalgique.
Un sage reclus glisse agile, alors,
Bâillant, les yeux légèrement larmoyants,
De son bel écueil de coton capricieux,
Pour saisir, penaud mais enfin triomphant,
Son étrange trésor aux reflets précieux :
Un sobre damier aux nuances irisées,
Aux cases constellées de symboles gravés.
D’un regard concentré et si scintillant,
Emporté bientôt, dans une sombre transe,
Le sage devenu tacticien du terrain
Guide au milieu de la vive effervescence,
D’un doigté chaotique mais souverain,
Son champion d’artifice, un chevalier roi,
Dans son miroitant et muet tournoi.
La nuit progressant sur son long chemin,
Le sage s’efface soudain et s’oublie,
Et son jumeau taquin fiévreux surgit :
Voleur de charisme et joueur sanguin,
L’ermite perd toute sa modestie,
Et sombre, l’esprit tout à fait assourdi,
Dans son empyrée infernal qui l’assujettit.
Sa patience s’enfuit et se tord,
Ses lèvres exhalent des vapeurs de venin,
Sa voix bien posée siffle et s’anime.
Son corps de carcan s’articule,
Son âme par le jeu se sublime ;
Le voilà gâtant son propre trésor,
Dans l’émoi qui brise enfin tout son frein.
Mais son cher mitoyen, ronflant et matinal,
Chassé du songe tendre et vespéral,
N’aime pas, hélas, ce vacarme ridicule !
Il lui rappelle dans un curieux tambour,
En un morse orchestral mais sourd,
Que l’océan noir de ses astres lesté,
Danse pour panser son cœur fatigué
Offrant un repos au corps qui lui reste
Pour préparer sa réelle journée.
Alors doucement, voyageur suspendu,
Retiens ton bambin libre et déchaîné,
Ce génie virtuose du monde parallèle.
Caresse avec liesse ton trésor mordu,
Reste fou mais sois sagement ordonné,
Pour offrir la paix sous la voûte belle,
Au voisin de l’ombre, guettant l’aurore.
Plus tard enfin, repus de son évasion
Dans le pandémonium si chimérique,
Renvoie ton enfant sauvage au fond
De sa geôle au tréfonds oricalmique ;
Car le jour pleuvera bientôt sur le monde,
Et ton instinct noir, si vampirique,
Craint déjà la lueur dorée et féconde.
Ta passion déchirante enfin assouvie,
Ô sage reclus, dors du sommeil du juste
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