Elemna
Nouveau poète
Le Passage
L’eau de cette cascade ruisselle et pétille sur mes pieds,
Quelle sensation de fraicheur de douceur et de beauté !
Cette douce symphonie liquide me berce et m’attire,
Je caresse ce rideau d’eau, comme pour l’entrouvrir…
J’aperçois comme un passage, curieuse, je m’y engage.
De l’autre côté, une autre cascade et le même paysage.
Je traverse et reconnais sur le rivage mon petit sac gris...
« Il était pourtant de l’autre côté » me dis-je, ébahie.
Après de nombreux aller et retour, quelle charade,
Je m’assieds dans le passage entre les deux cascades,
Pour sûr, mon sac et ma robe étaient des deux côtés !
Pierres, arbres et nuages étaient identiquement placés…
Prise de vertiges, je ne sais plus par où j’étais arrivée !
Cependant après avoir bien respiré et calmement observé,
L’atmosphère ambiante semblait plus saine et plus apaisante,
Les animaux plus nombreux, la végétation plus verdoyante.
Sont-ce là les délires de mon esprit fragile et imaginatif ?
Peut importe, j’écoute mon cœur et cet aspect positif…
Je traverse. Des petits poissons me chatouillent les pieds.
Je glisse dans ma robe. Les oiseaux se mettent à chanter.
Je lève ma tête vers le ciel. Dégagé. Ensoleillé. Je respire.
Une biche me regarde furtivement derrière un arbre,
A mes pieds deux petites grenouilles des champs, si rares,
Farandole animale et harmonie de la nature m’entourent !
Quelle joie de traverser la vallée dans cette ambiance !
J’arrive enfin chez moi. Ma sœur me regarde avec insistance.
Elle me sourit et dit « Bonjour, tu vas bien Stéphanie ? »
J’acquiesce. Surprise, entre nous d’habitude, c’est le conflit.
Ma mère se tient devant moi. Debout. Radieuse et illuminée.
Je l’avais pourtant quittée ce matin très malade et si fatiguée.
Que se passait-t-il… Mes mains tremblent, j’ai mal au cœur...
Effrayée. Emerveillée. La peur se mélange à tout ce bonheur.
J’ai chaud. J’entrouvre les yeux. Je respire. Je suis bien.
Maman est à côté de moi, elle chante un doux refrain,
Mon lit parait plus grand et ma chambre plus éclairée.
«Tu nous as fait peur» chuchote ma sœur à mon chevet.
Je me rendis vite compte que le monde n’était pas le même,
La nature resplendissait, les animaux cohabitaient avec l’homme,
Le genre humain avait changé et était pourvu de toutes les qualités.
Se tenait devant moi un monde vivant et magnifique, à son apogée.
Mon petit sac n’était pas si gris que ça. Je respire mieux qu’autrefois.
Ma famille va bien, les gens me parlent, la nature fait partie de moi.
Je repense à la cascade. J’avais fait un vœu ce matin en la regardant,
Le souhait de voir l’homme devenir bon et respectueux du vivant.
Puisses-tu, toi aussi, trouver ce passage vers le bonheur,
N’est t’il pas facile d’y croire en contemplant une fleur ?
Positive et sois-toi-même, imprègne-toi de racines d’arbres et de feuilles,
Respecte et aime la nature, pour mieux respirer ce monde qui t’accueille...