benoit la plume
Maître Poète
LE MONDE EST FOU
Deux trentenaires un beau matin
A la rivière s’en sont allés,
Le matériel de pêche en main
Et la glacière pleine à craquer.
Il faisait beau, c’était l’été ;
L’esprit blagueur et libertin,
Sur le chemin ils ont chanté
Un vieux cantique armoricain.
Au bord de l’eau ont déroulé,
Pour installer leur picotin,
Une couverture bien élimée
Qui fit office de nappe en lin.
Leurs longues gaules ils installèrent,
Et puis jugeant la vie précaire,
Ils se levèrent et ils trinquèrent
Aux femmes qu’on aime ou qu’on vénère.
Au fond des flots tous les poissons,
Pris de folie irréfrénée,
Valsèrent en chœur un rigodon
Venu du fond du Dauphiné,
Sur les invites de leurs poissonnes,
Qui pour la chose sont des orfèvres
A faire jalouses nos polissonnes
Aux longues lèvres dressoirs de glaives.
Et le soleil en empathie
Se mit soudain à gazouiller
Une romance du pays
Qui fit frémir les peupliers.
Des papillons virevoltants
A faire rêver les écrevisses
Et des canards se dandinant
Mirent leur pierre à l’édifice.
Seul l’asticot pris de colique
Hurlait sa peur et sa colère,
Le cul fiché dessus la pique
D’un hameçon triangulaire.
Un épervier planant par là,
Trouvant la scène digne d’une fresque,
A sa manière participa
En dessinant des arabesques.
Le monde est fou, le monde est gai,
Si l’on décide subrepticement
De ne plus trop se fatiguer
Pour savourer ses doux moments.
Ranger le monde en présentoir,
En un carré de potager,
N’est-ce pas un peu illusoire
Si nous n’en sommes que passagers ?
Venus pour se décompresser
De leur semaine professionnelle,
Nos trentenaires déconnectés
Ne virent aucune des étincelles.
Et vers le soir s’en retournèrent,
Le cou rougi par la chaleur,
Et par les bières qu’ils s’enfilèrent
Au fil de l’eau, au fil de l’heure.
Deux trentenaires un beau matin
A la rivière s’en sont allés,
Le matériel de pêche en main
Et la glacière pleine à craquer.
Il faisait beau, c’était l’été ;
L’esprit blagueur et libertin,
Sur le chemin ils ont chanté
Un vieux cantique armoricain.
Au bord de l’eau ont déroulé,
Pour installer leur picotin,
Une couverture bien élimée
Qui fit office de nappe en lin.
Leurs longues gaules ils installèrent,
Et puis jugeant la vie précaire,
Ils se levèrent et ils trinquèrent
Aux femmes qu’on aime ou qu’on vénère.
Au fond des flots tous les poissons,
Pris de folie irréfrénée,
Valsèrent en chœur un rigodon
Venu du fond du Dauphiné,
Sur les invites de leurs poissonnes,
Qui pour la chose sont des orfèvres
A faire jalouses nos polissonnes
Aux longues lèvres dressoirs de glaives.
Et le soleil en empathie
Se mit soudain à gazouiller
Une romance du pays
Qui fit frémir les peupliers.
Des papillons virevoltants
A faire rêver les écrevisses
Et des canards se dandinant
Mirent leur pierre à l’édifice.
Seul l’asticot pris de colique
Hurlait sa peur et sa colère,
Le cul fiché dessus la pique
D’un hameçon triangulaire.
Un épervier planant par là,
Trouvant la scène digne d’une fresque,
A sa manière participa
En dessinant des arabesques.
Le monde est fou, le monde est gai,
Si l’on décide subrepticement
De ne plus trop se fatiguer
Pour savourer ses doux moments.
Ranger le monde en présentoir,
En un carré de potager,
N’est-ce pas un peu illusoire
Si nous n’en sommes que passagers ?
Venus pour se décompresser
De leur semaine professionnelle,
Nos trentenaires déconnectés
Ne virent aucune des étincelles.
Et vers le soir s’en retournèrent,
Le cou rougi par la chaleur,
Et par les bières qu’ils s’enfilèrent
Au fil de l’eau, au fil de l’heure.