amapoesia
Nouveau poète
Salut à toi, Ô César,
Prince oublié
Apollon vétuste et déchu
Qui erre sur les sombres plaines morbides
De la vallée des larmes
Et qui trébuche de son pas hésitant
Sur de vieux crânes gris, poussiéreux et fendus,
Où pendent encore quelques lambeaux de chair.
Il reste au coin de ta lèvre visqueuse
Un filet de sang chaud et épais
Mêlé dans un dégoût lascif
A une coulée de salive verdâtre et puante.
Qui es-tu? Sombre oublié du destin.
La haine incandescente de tes yeux mornes et vides
Efface à jamais tout ce qui était toi
Les plaies purulentes de ton corps à vif
Font fuir les vautours qui s'acharnent désespérément
Sur de vieux cadavres humains.
Alors, tu laisses tomber sur une pierre sale
Ta chair tuméfiée
Et tu laisses couler sur tes joues flasques et jaunâtres
Des larmes sans sel, pauvres et amères.
Où iras-tu? Reste d'humain sans foi ni dignité.
Parfois, au loin, tu aperçois les dernières volutes
D'un incendie affreux comme on en voyait tant
Où un homme prend feu avec sa maison,
Sa femme et ses enfants.
Sa femme et ses enfants...
Et les larmes cessent de couler
Il n'y en a plus assez pour exprimer une douleur trop forte
Alors, rassemblant les dernières forces de ton âme torturée
Tu déchires le voile épais
Du silence qui pèse sur la vallée
Dans un cri rauque et douloureux,
Puis dans un abandon apaisé
Tu laisses ton corps brisé
S'effondrer pour la dernière fois
Sur les os jaunis de tes prédécesseurs,
Dernier homme après la bombe...
13 avril 1992
Prince oublié
Apollon vétuste et déchu
Qui erre sur les sombres plaines morbides
De la vallée des larmes
Et qui trébuche de son pas hésitant
Sur de vieux crânes gris, poussiéreux et fendus,
Où pendent encore quelques lambeaux de chair.
Il reste au coin de ta lèvre visqueuse
Un filet de sang chaud et épais
Mêlé dans un dégoût lascif
A une coulée de salive verdâtre et puante.
Qui es-tu? Sombre oublié du destin.
La haine incandescente de tes yeux mornes et vides
Efface à jamais tout ce qui était toi
Les plaies purulentes de ton corps à vif
Font fuir les vautours qui s'acharnent désespérément
Sur de vieux cadavres humains.
Alors, tu laisses tomber sur une pierre sale
Ta chair tuméfiée
Et tu laisses couler sur tes joues flasques et jaunâtres
Des larmes sans sel, pauvres et amères.
Où iras-tu? Reste d'humain sans foi ni dignité.
Parfois, au loin, tu aperçois les dernières volutes
D'un incendie affreux comme on en voyait tant
Où un homme prend feu avec sa maison,
Sa femme et ses enfants.
Sa femme et ses enfants...
Et les larmes cessent de couler
Il n'y en a plus assez pour exprimer une douleur trop forte
Alors, rassemblant les dernières forces de ton âme torturée
Tu déchires le voile épais
Du silence qui pèse sur la vallée
Dans un cri rauque et douloureux,
Puis dans un abandon apaisé
Tu laisses ton corps brisé
S'effondrer pour la dernière fois
Sur les os jaunis de tes prédécesseurs,
Dernier homme après la bombe...
13 avril 1992