(Entre le poème et le récit en introspection...)
Je vais vous présenter le récit d’un homme, d’un père de famille, d’un mari
L’aventure d’un être humain au destin identique a beaucoup d’autres
Une infime histoire qui marqua l’Histoire…
J’aperçois une longue colonne de fumée au loin
Sa y est, il est là, il arrive, je dois ranger mon papier avec soin
A sept heure quarante, heure tapante, je dois prendre ce train
Pour la rejoindre, sous cette pluie battante, ma douce famille et mon destin
Le quai est bondé, les gens se précipitent pour monter dans la locomotive désirée
D’étranges personnes nous regardent monter attentivement, minutieusement, les dents acérés
La raison m’échappe, futilités ! Seule la vision de ma femme et de mes enfants m’importe !
Bagages prêts, sac à provisions à la main, je franchie en un instant la porte
Me voilà près pour ce périple des dieux que j’ai tant voulu
Prêt pour un voyage fastidieux à la durée inconnue
J’arrive ma douce Rachelle, mes tendres David et Alissa
A Cracovie, je vous retrouverai , je vous imagine déjà
Malgré moi, vos voix résonnent dans mon esprit troublé
Car durant de nombreux mois, le caméléon de Pologne m’a remplacé
Mon identité, j’ai dû la cachée, mais mon cœur a grandi
Mais pour vous revoir, j’ai dû lutté pour ne pas sombrer, désormais c’est votre trace que je suis
Le Petit Poucet ne vous a pas perdu, le conte est en passe de s’achever
Le train part, je sens ma volonté transfigurer la machine, je suis guidé sur les rails de l’immensité
J’observe, je regarde, les trente âmes du wagon s’imprègnent de mon terrible désir
Une force tranquille, cette douce vigueur qui transpire de partout dans ce train, je peux la lire
Peut-être ont il le même but que moi, celui d’accomplir ce voyage et suivre leur destin
Celui de leur vie véritable, tous ici ont ce même dessein
Je perçois une mystérieuse sérénité ambiante se dégager du train, étrange
Quelques heures passent et ce calme au caractère suspect perdure, cela m’arrange
Le temps et la grande machine roule, roule
Les secondes défilent et le voyage s’enroule, s’enroule
Je laisse tomber mes bras sur les côtés de mon siège
Ma tête se tourne, pleine d’espoirs, vers la fenêtre en bois de liège
Bercé par les cliquetis et la musique répétitive du train traversant la plaine
Tout en contemplant ces pâturages et routes qui m’ont l’air familières, je m’assoupis sans peine
Du vert, du blanc le long des flancs, du vert, du vert, encore du vert, puis du gris
Je ne sais plus où je suis, peut être me suis-je endormie…
Non, je suis resté à moitié éveillé, pourtant je ne reconnais pas le décor
Mon esprit aurait il plongé dans l’oubli ?
Je relève la tête, le quinquagénaire à ma gauche n’a pas suivi
Je regarde devant, la grand-mère et son probable petit fils n’ont pas remarqué
J’écoute, les conversations dans mon dos ne me semble guère importantes à relever
J’observe, cette fois je ne reconnais plus rien
Je touche la vitre, Où suis-je ? Où est passé mon lien ?
Usant de mes cinq sens affinées, je pense
Malgré mon brouillage intellectuel, une idée me vient, je saisie ma chance
Je fait part de mes observations à mes voisins, je perçois une lueur de surprise dans leurs yeux
Désormais, je ne suis plus le seul passager à observer dehors, tout cela nous mènera à un sérieux contentieux
Mais une question persiste, quel est-ce paysage inconnu, où est passé la verdure ?
Les passagers vont devoir résoudre cette mystérieuse équation, personne n’en ai sur…
Un « responsable » du train se déplace subitement entre les sièges passagers
Ils nous dévisage et porte une certaine attention sur les numéros affichés sur la partie droite de l’allée
Des gens soucieux ont l’air de questionner cet agent à l’allure singulière
Je ne les entend pas, mais je constate un important bras de fer
J’observe une nouvelle fois le paysage avoisinant ce train des surprises
Malgré la vitre, La puissance du vent est telle qu’elle semble me toucher par sa terrible emprise
L’air est pesant, mon intuition m’indique un énigmatique déroulement
L’orage gronde, le train s’agite
Mes yeux se concentre, sans limites
La pluie au loin détruit ma vue, Dieu pleure
Lieu, distance, méconnaissance absolue, les agents en rient en cœur
Cependant la pluie ne peut cacher l’essentiel
Une forme au loin se dessine, mais la vision n’est que partielle
Ombre, matérialise-toi, je veux te voir, qui es-tu ?
Le ciel nous interdit de contempler l’inconnu
Dans un probable dernier virage, le train poursuit sa dernière grande ligne droite
Un sombre rectangle apparait devant moi, la précision m’échappe, mes mains sont moites
L’impression d’être happé par une force venue d’ailleurs s’imprègne en moi
Le rectangle n’est pas seul, d’étranges tours dans les angles me paraissent visibles
Le ciel est en furie, la colère de la terre se déchaine et nous sommes sa cible
Mon voisin de gauche tient dans ses mains l’étoile de David attaché à son cou, je peux sentir sa foi
L’envie me vient également comme si je pouvais faire ce geste anodin pour la dernière fois
Les nuages gris nous entourent, la mélancolie m'envahie
J’ai réalisé de nombreux déplacements depuis des mois, aucun ne ressemble à celui-ci
Les grands pavés nous entourent, mon corps en tremble
J’ai du mal à respirer, la peur me contamine il me semble
Le voyage prendra bientôt fin, y aura-t-il un retour ?
Les tourelles nous entourent, je soupçonne l’Ombre de s’être installé dans ces tours
La pluie s’est arrêtée, la planète retient son souffle, l’air est lourd
La fumée nous entourent, je sens le subtile parfum de la mort
Cet endroit détruit et consume, tel est son ressort
Les barbelées nous entourent, mes soupçons se confirment définitivement
Le train de Satan nous a amener dans son repaire, lentement
Le cargo de bétails s’est arrêté, je connais mon avenir
L’Allemand n’est pas encore arrivé, mais je peux déjà le sentir
Mon âme s’envole, je n’ose plus penser, regarder, parler
Ma famille ne sera pas ici, seul la mort pourra me côtoyer
Le caméleon vient d’être demasqué, le diable était plus malin
Cette vision me bouleverse, celle de la croix gammée, signe de la fin
Mon long voyage s'arrête, je serais bientôt tout là haut
Le soldat me fait descendre de force, je découvre Burkenau
La fin approche mais une force inexpliquée m’envahie
Ma place n’est pas ici ! Que les démons restent à leur place !
Ces chiens ne me mordront pas, je leur ferait face
Le fleau ne m’abattra pas, mon corps sera détruit mais mon cœur se vengera
Je me débat puis je me met à courir pour m’éloigner à tout prix des Nazis, rien ne m'arrêtra
L’enfer a une entrée, je dois trouver la sortie
Mon âme s’enflamme, je cours vers l’infini
L’orage reprend, mais je ne l’entend pas
Je cours encore, j’attend mon trépas
J’entend des cris et le bruit des armes
Mais ce son est couvert par le hurlement de mes larmes
En ce 30 Décembre 1942, coupable de tous les crimes, je le suis au sommet
Car je suis juif, Auswitch ne pourra l’accepter
Rachelle, David, Alissa, je vous attendrai au paradis, là je serais revenu
Mais en enfer, un coup de fusil déchire le temps et le monde, je n’existe plus.
Le dernier voyage
Je vais vous présenter le récit d’un homme, d’un père de famille, d’un mari
L’aventure d’un être humain au destin identique a beaucoup d’autres
Une infime histoire qui marqua l’Histoire…
J’aperçois une longue colonne de fumée au loin
Sa y est, il est là, il arrive, je dois ranger mon papier avec soin
A sept heure quarante, heure tapante, je dois prendre ce train
Pour la rejoindre, sous cette pluie battante, ma douce famille et mon destin
Le quai est bondé, les gens se précipitent pour monter dans la locomotive désirée
D’étranges personnes nous regardent monter attentivement, minutieusement, les dents acérés
La raison m’échappe, futilités ! Seule la vision de ma femme et de mes enfants m’importe !
Bagages prêts, sac à provisions à la main, je franchie en un instant la porte
Me voilà près pour ce périple des dieux que j’ai tant voulu
Prêt pour un voyage fastidieux à la durée inconnue
J’arrive ma douce Rachelle, mes tendres David et Alissa
A Cracovie, je vous retrouverai , je vous imagine déjà
Malgré moi, vos voix résonnent dans mon esprit troublé
Car durant de nombreux mois, le caméléon de Pologne m’a remplacé
Mon identité, j’ai dû la cachée, mais mon cœur a grandi
Mais pour vous revoir, j’ai dû lutté pour ne pas sombrer, désormais c’est votre trace que je suis
Le Petit Poucet ne vous a pas perdu, le conte est en passe de s’achever
Le train part, je sens ma volonté transfigurer la machine, je suis guidé sur les rails de l’immensité
J’observe, je regarde, les trente âmes du wagon s’imprègnent de mon terrible désir
Une force tranquille, cette douce vigueur qui transpire de partout dans ce train, je peux la lire
Peut-être ont il le même but que moi, celui d’accomplir ce voyage et suivre leur destin
Celui de leur vie véritable, tous ici ont ce même dessein
Je perçois une mystérieuse sérénité ambiante se dégager du train, étrange
Quelques heures passent et ce calme au caractère suspect perdure, cela m’arrange
Le temps et la grande machine roule, roule
Les secondes défilent et le voyage s’enroule, s’enroule
Je laisse tomber mes bras sur les côtés de mon siège
Ma tête se tourne, pleine d’espoirs, vers la fenêtre en bois de liège
Bercé par les cliquetis et la musique répétitive du train traversant la plaine
Tout en contemplant ces pâturages et routes qui m’ont l’air familières, je m’assoupis sans peine
Du vert, du blanc le long des flancs, du vert, du vert, encore du vert, puis du gris
Je ne sais plus où je suis, peut être me suis-je endormie…
Non, je suis resté à moitié éveillé, pourtant je ne reconnais pas le décor
Mon esprit aurait il plongé dans l’oubli ?
Je relève la tête, le quinquagénaire à ma gauche n’a pas suivi
Je regarde devant, la grand-mère et son probable petit fils n’ont pas remarqué
J’écoute, les conversations dans mon dos ne me semble guère importantes à relever
J’observe, cette fois je ne reconnais plus rien
Je touche la vitre, Où suis-je ? Où est passé mon lien ?
Usant de mes cinq sens affinées, je pense
Malgré mon brouillage intellectuel, une idée me vient, je saisie ma chance
Je fait part de mes observations à mes voisins, je perçois une lueur de surprise dans leurs yeux
Désormais, je ne suis plus le seul passager à observer dehors, tout cela nous mènera à un sérieux contentieux
Mais une question persiste, quel est-ce paysage inconnu, où est passé la verdure ?
Les passagers vont devoir résoudre cette mystérieuse équation, personne n’en ai sur…
Un « responsable » du train se déplace subitement entre les sièges passagers
Ils nous dévisage et porte une certaine attention sur les numéros affichés sur la partie droite de l’allée
Des gens soucieux ont l’air de questionner cet agent à l’allure singulière
Je ne les entend pas, mais je constate un important bras de fer
J’observe une nouvelle fois le paysage avoisinant ce train des surprises
Malgré la vitre, La puissance du vent est telle qu’elle semble me toucher par sa terrible emprise
L’air est pesant, mon intuition m’indique un énigmatique déroulement
L’orage gronde, le train s’agite
Mes yeux se concentre, sans limites
La pluie au loin détruit ma vue, Dieu pleure
Lieu, distance, méconnaissance absolue, les agents en rient en cœur
Cependant la pluie ne peut cacher l’essentiel
Une forme au loin se dessine, mais la vision n’est que partielle
Ombre, matérialise-toi, je veux te voir, qui es-tu ?
Le ciel nous interdit de contempler l’inconnu
Dans un probable dernier virage, le train poursuit sa dernière grande ligne droite
Un sombre rectangle apparait devant moi, la précision m’échappe, mes mains sont moites
L’impression d’être happé par une force venue d’ailleurs s’imprègne en moi
Le rectangle n’est pas seul, d’étranges tours dans les angles me paraissent visibles
Le ciel est en furie, la colère de la terre se déchaine et nous sommes sa cible
Mon voisin de gauche tient dans ses mains l’étoile de David attaché à son cou, je peux sentir sa foi
L’envie me vient également comme si je pouvais faire ce geste anodin pour la dernière fois
Les nuages gris nous entourent, la mélancolie m'envahie
J’ai réalisé de nombreux déplacements depuis des mois, aucun ne ressemble à celui-ci
Les grands pavés nous entourent, mon corps en tremble
J’ai du mal à respirer, la peur me contamine il me semble
Le voyage prendra bientôt fin, y aura-t-il un retour ?
Les tourelles nous entourent, je soupçonne l’Ombre de s’être installé dans ces tours
La pluie s’est arrêtée, la planète retient son souffle, l’air est lourd
La fumée nous entourent, je sens le subtile parfum de la mort
Cet endroit détruit et consume, tel est son ressort
Les barbelées nous entourent, mes soupçons se confirment définitivement
Le train de Satan nous a amener dans son repaire, lentement
Le cargo de bétails s’est arrêté, je connais mon avenir
L’Allemand n’est pas encore arrivé, mais je peux déjà le sentir
Mon âme s’envole, je n’ose plus penser, regarder, parler
Ma famille ne sera pas ici, seul la mort pourra me côtoyer
Le caméleon vient d’être demasqué, le diable était plus malin
Cette vision me bouleverse, celle de la croix gammée, signe de la fin
Mon long voyage s'arrête, je serais bientôt tout là haut
Le soldat me fait descendre de force, je découvre Burkenau
La fin approche mais une force inexpliquée m’envahie
Ma place n’est pas ici ! Que les démons restent à leur place !
Ces chiens ne me mordront pas, je leur ferait face
Le fleau ne m’abattra pas, mon corps sera détruit mais mon cœur se vengera
Je me débat puis je me met à courir pour m’éloigner à tout prix des Nazis, rien ne m'arrêtra
L’enfer a une entrée, je dois trouver la sortie
Mon âme s’enflamme, je cours vers l’infini
L’orage reprend, mais je ne l’entend pas
Je cours encore, j’attend mon trépas
J’entend des cris et le bruit des armes
Mais ce son est couvert par le hurlement de mes larmes
En ce 30 Décembre 1942, coupable de tous les crimes, je le suis au sommet
Car je suis juif, Auswitch ne pourra l’accepter
Rachelle, David, Alissa, je vous attendrai au paradis, là je serais revenu
Mais en enfer, un coup de fusil déchire le temps et le monde, je n’existe plus.
( Hommage pour les juifs déportés. Dsl pour la longueur, mais rentrer dans les détails me semblait important ^^...Ce n'est pas une reconstitution, mais de la fiction pour les détails... )