rivière
Maître Poète
Le continent de la Tendresse
Te rappelles-tu,
ma Fée, ma Douce,
des bois du Maine
où s’écoula notre enfance ?
Nous musardions
paume contre paume,
nos robes de lin
se soulevaient parfois
parmi
le parvis du souffle,
le satin du brouillard ralentissait
nos errances,
mais
nous n’en avions cure,
et nous poursuivions
notre chemin.
Un matin de mai,
-nous venions d’avoir seize ans-,
je cueillis à ton intention
des ancolies près d’un fossé,
mais je vacillai
sur la rosée des mousses,
et chutai contre
le jardin de ta poitrine,
tu me retins,
nous nous étreignîmes,
puis étendues
près des racines d’un chêne,
nous bûmes des heures durant
le hanap du Plaisir,
et nous gagnâmes à gué, épuisées,
le continent de la Tendresse !
Sophie Rivière
Te rappelles-tu,
ma Fée, ma Douce,
des bois du Maine
où s’écoula notre enfance ?
Nous musardions
paume contre paume,
nos robes de lin
se soulevaient parfois
parmi
le parvis du souffle,
le satin du brouillard ralentissait
nos errances,
mais
nous n’en avions cure,
et nous poursuivions
notre chemin.
Un matin de mai,
-nous venions d’avoir seize ans-,
je cueillis à ton intention
des ancolies près d’un fossé,
mais je vacillai
sur la rosée des mousses,
et chutai contre
le jardin de ta poitrine,
tu me retins,
nous nous étreignîmes,
puis étendues
près des racines d’un chêne,
nous bûmes des heures durant
le hanap du Plaisir,
et nous gagnâmes à gué, épuisées,
le continent de la Tendresse !
Sophie Rivière