Legende
Nouveau poète
Le coeur en manque
Je me suis accoudée à la fenêtre de ton âme,Pour contempler un croissant de lune, jumeau de ton sourire,
Rêvant des heures entières devant ta passion et ses flammes,
Bercée par le doux ressac de tes pensées d'avenir.
Tu sens le vent du large et l'aventure au bout du monde,
Tes yeux posent sur moi leur douce soierie d'orient,
Ce regard réfugié derrière des rêves aux couleurs vagabondes.
Capitaine d'un grand voilier ou pêcheur sur un sampan,
Mon amour au coeur de Brave, aux élans sages des anciens,
Tu as l'éternelle jeunesse de ceux qui gardent en leurs mains,
L'orbe parfait renfermant leurs sensuels songes d'antan.
Ma raison s'énivre et chavire sous la caresse de ton souffle tentant.
J'ai désiré tes baisers au creux de mon cou,
Cette indicible sensation effleurant la naissance de mes reins,
J'ai espéré ta bouche, tes doigts en corolle sur mes joues,
J'ai voulu ton corps souple et chaud à la beauté d'airain.
Mais je n'ai qu'un grand vide au plus profond de moi,
la douleur brûlante d'une blessure, d'un chagrin,
Quand mes bras amoureux ne se referment pas sur toi
Et qu'il murmurent à l'oreille de mon être, cet émoi sans fin,
Cette présence pulsant sur ma peau comme une irrépressible faim,
Cette chute infernale dans les abyssales fosses du néant.
Car tu n'es pas, tu n'es plus et moi je meurs doucement,
A t'imaginer tout contre moi, du crépuscule jusqu'au matin...
Je voudrai tant que le temps s'égrenne à l'envers,
Que le Sablier se retourne et que tu sois encore là,
Ne plus jamais ressentir, au reveil, cette dechirure au travers,
De mon coeur foudroyé par l'odieuse réalité de ton trépas....