Le boycotteur Monsieur le président Je vous fais ce message Vous êtes assez sage Pour en tirer le sens. On vient de m’inviter A visiter les urnes. Moi qui suis taciturne, Je vais tonitruer. Sans vouloir vous choquer, Je me permets de dire, Sans le moindre sourire, Je n’irai pas voter. Depuis l’indépendance, On m’a toujours berné, Les yeux, m’a-t-on fermés, Et réduit au silence. Mon père fut si déçu Qu’il a rendu son âme. Ce ne fut pas un drame : Son heure était venue. Quand j’étais candidat, On m’a volé mes voix On a foulé les lois, A Bordj comme à Blida. Je ne peux plus me taire Je n’en ai pas le droit Aux yeux, je n’ai pas froid Ceci doit être clair. Je m’en vais dire aux gens A tous les algériens : « Voter ne sert à rien, Y’aura aucun changement. N’allez pas cautionner Cette médiocrité Régnant sur la cité Vous seriez piétinés. » Si l’on vient me tancer, Je garderai l’espoir, C’est cela mon devoir : Ne pas y renoncer. Vous pourriez m'en vouloir, Monsieur le président, Si j'ai serré les dents. La faute est au pouvoir.