benoit la plume
Maître Poète
LE BISTROT
Par un soir de beuverie,
Tous les quatre au bistrot,
Un soir de féérie
Où tous les mots sont gros,
On a repeint la terre
En tâches de varicelle,
Et chanté des vieux airs
Sur un violoncelle.
Les étoiles ont prié
Pour qu’on fasse silence.
Dehors les peupliers,
Dressés comme des lances,
Vibraient d’irritation,
Scandant nos quatre noms,
Promettant punitions,
Vengeance et sans pardon.
Les hiboux de la nuit,
Aux yeux d’illuminés,
Annulèrent leur sortie,
Se privant de dîner.
Les matous du quartier,
En rut à cette époque,
Par nos voix effrayés
Éjaculèrent précoce.
Et nous, continuant
Nos folles libations,
Nous étions chats-huants
Hurlant : Révolution !
Usant des mots menteurs
Et des discours débiles,
Nous étions des marcheurs,
Des passeurs d’Évangile.
Et le monde se pliait,
Des gens reconnaissants
Venaient nous supplier
En priant plus avant.
Nous apportions l’amour
A la femme quittée,
Et passions par le four
Les dettes non acquittées.
Les puceaux par magie
Se faisaient libertins,
Et les impôts promis
Devenaient incertains.
Allions-nous réussir
Là où tous échouèrent ?
Allions-nous les punir,
Les faiseurs de misère ?
Nous étions bien trop seuls,
Ils étaient si nombreux,
Plus que la paille en meule
Qui craint beaucoup le feu.
Le vieux monde attaqué
Vite en eût plein les burnes :
Les flics ont débarqué
Pour tapage nocturne.
La morale de l’histoire :
Pour promettre la lune,
Mieux vaut ne pas trop boire,
Sinon on prend des prunes.
Mais à l’inverse à jeun,
Et un peu entrainé,
On vend des lendemains
Qu’on n’ose imaginer.
Par un soir de beuverie,
Tous les quatre au bistrot,
Un soir de féérie
Où tous les mots sont gros,
On a repeint la terre
En tâches de varicelle,
Et chanté des vieux airs
Sur un violoncelle.
Les étoiles ont prié
Pour qu’on fasse silence.
Dehors les peupliers,
Dressés comme des lances,
Vibraient d’irritation,
Scandant nos quatre noms,
Promettant punitions,
Vengeance et sans pardon.
Les hiboux de la nuit,
Aux yeux d’illuminés,
Annulèrent leur sortie,
Se privant de dîner.
Les matous du quartier,
En rut à cette époque,
Par nos voix effrayés
Éjaculèrent précoce.
Et nous, continuant
Nos folles libations,
Nous étions chats-huants
Hurlant : Révolution !
Usant des mots menteurs
Et des discours débiles,
Nous étions des marcheurs,
Des passeurs d’Évangile.
Et le monde se pliait,
Des gens reconnaissants
Venaient nous supplier
En priant plus avant.
Nous apportions l’amour
A la femme quittée,
Et passions par le four
Les dettes non acquittées.
Les puceaux par magie
Se faisaient libertins,
Et les impôts promis
Devenaient incertains.
Allions-nous réussir
Là où tous échouèrent ?
Allions-nous les punir,
Les faiseurs de misère ?
Nous étions bien trop seuls,
Ils étaient si nombreux,
Plus que la paille en meule
Qui craint beaucoup le feu.
Le vieux monde attaqué
Vite en eût plein les burnes :
Les flics ont débarqué
Pour tapage nocturne.
La morale de l’histoire :
Pour promettre la lune,
Mieux vaut ne pas trop boire,
Sinon on prend des prunes.
Mais à l’inverse à jeun,
Et un peu entrainé,
On vend des lendemains
Qu’on n’ose imaginer.
