misio93
Poète libéré
O mort, tu m'as ôté la mère que dans mon coeur d'enfant Et mon âme d'adulte j'osais croire pourtant à jamais immortelle. Par un triste jour d'août ,tu l'as prise par la main, conduite vers l'au-delà, La délivrant enfin du cortège sans fin de souffrances iniques. Mort, je te crains, un jour tu viendras mais je ne t'attends pas. L'absence d'une mère , ce sentiment étrange que chaque vie donnée, Comme toute histoire de vie, a aussi un début mais hélas une fin. Je me souviens surtout de ce moment furtif, ce jardin ombragé Où nous marchions tous deux, elle s'appuyant sur moi et remplie de l'espoir D'une guérison prochaine, de pouvoir à nouveau humer l'air marin Qui la faisait revivre et qu'elle affectionnait tant depuis longtemps déjà. J'aurai toujours en moi sa manière bien à elle qu'elle avait de me dire Que j'étais dans son coeur l'ainé des quatre enfants par elle mis au monde. Dans tous les derniers jours qui avaient précédé ce jour sombre et cruel, Pourtant faible, amaigrie, elle m'appelait encore affectueusement "mon grand".